Il y a des choses sur lesquelles je ne transigerai pas.
J’ai déjà lâché du lest sur pas mal de mes chevaux de bataille en matière d'éducation: l’utilisation de la tétine, la péridurale, les produits non biologiques, les petits pots, le beurre de cacahuète et les jus de fruits à l’âge d’1 an à la crèche, les peluches Pokémon, les tétées de nuit, les bras quand il pleure, les jouets qui font ‘bip bip’, la maison en pagaille…
(liste non exhaustive)
Mes enfants ne m’appelleront pas par mon prénom. N’en déplaise à l’Homme, qui n’a jamais appelé ses parents que comme ça.
Je l’ai prévenu, s’il veut ce sera « Maman » et « Sander », mais il devrait y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans cette joute qui se promet épuisante.
Epuisante par exemple quand il devra se battre avec la directrice de l’école maternelle pour récupérer Milan le soir de la rentrée scolaire. Sous le prétexte fallacieux de n’avoir le droit de remettre ces chères têtes blondes qu’à leurs géniteurs et décontenancée par la réponse de MiniHomme à la question bien naturelle « c’est ta maman qui vient te chercher ? », (-«Non, c’est Sander »), la brave dame risque d’être bien embêtée.
Quant aux futures questions à SON FILS du genre « c’est qui ton VRAI père ? », rien que cette perspective me met de bonne humeur.
Et si vous vous dîtes « elle se trompe,
C’est quelque chose que j’ai du mal à comprendre, « Maman » me semble être le mot le plus beau du monde. Loin de moi cependant l’idée de vouloir juger mes beaux-parents Ton et Atie (qui ont quand même fabriqué l’Homme, comment leur en vouloir ?) Surtout à l’heure où j’entreprends une traduction herculéenne en Néerlandais de mon blog, évitons les sujets qui fâchent… Tiens d’ailleurs je leur fais un petit bonjour en passant. *
Depuis qu’à 3 semaines, j’ai entendu le premier mot de Milan (si si, il était très précoce), je l’attends ce « maman ».
Voilà ce que ça avait donné :
Milan : -« aaaaaaaaarg-bvggeuhd »
Moi : -« San !!!!!!!!!!!! T’entends, il a dit « Maman !!!!!!!! »
San : …
[San est très délicat de nature, pas du tout du genre à contrarier une primipare qui vient de passer par un accouchement très difficile.
Il dit des choses comme : « Mais non, c’est pas vilain du tout ces vergetures sur ton ventre, c’est très beau, on dirait des flammes qui décorent ton ventre».]
Depuis, je suis passée par bien des déconvenues. Il semblerait en effet que notre fils va savoir épeler « anticonstitutionnellement » avant de le sortir, ce mot tant attendu. Qu’il crie « Papa » avec enthousiasme m’énerve un peu mais qu’il appelle « Jack » quand il voit le chat, ça me reste carrément en travers de la gorge.
Mais bon, dans le fond, ce chat mérite d’être appelé par son nom pour tout ce que MiniHomme lui fait subir, des doigts dans les yeux aux touffes de poils arrachées en passant par les tentatives quotidiennes d’amputation d’une oreille.
D'ailleurs, je me rends bien compte que je m'énerve pour rien: que les enfants sont d'une ingratitude spectaculaire n'a rien d'un scoop, et pourquoi le nôtre échapperait-il à la règle?
La première fois qu'il dira « maman », je prendrai une cuite mémorable au nom de toutes les mères de toutes les galaxies qui ont choisi de se faire appeler comme ça.
Et « Aurélie » restera réservé à la minuscule poignée de gens qui ne m'ont pas trouvé un surnom plus ridicule: « Li » pour Sander qui ne parvient toujours pas à prononcer mon prénom après 7 ans de vie commune, « Pattes de Poulet » pour certains qui connaissent mon adresse légendaire, « Caroline » ou « Virginie » pour ma mamie qui me confond avec mes cousines depuis 30 ans...
Si je me défends de devenir la copine de mes enfants, j’espère en revanche ne pas être leur pire ennemie, mais c’est une autre histoire…
A suivre.*Ahem… quand aurai-je enfin le courage de mes opinions ?*




































































