Résolutions:

Apprendre les demi-mesures. Devenir terre-à-terre. Retourner en Australie. Admettre que l'avion est un moyen de transport sûr. Arrêter les carambars. Devenir lève-tôt. Accepter l'hiver (sans hiberner). Ecrire tous les jours. Apprendre la guitare. Ecrire des phrases lisibles (sans parenthèses ni plus de 2 compléments ni plus de 3 lignes ni plus de 2 subordonnées... Vous voyez pourquoi je dis ça?) Me faire publier. Faire du sport. Revenir vivre en France. Trouver que le Néerlandais est une langue musicale...

Votre nom est-il vraiment Personne?

Pourriez-vous laisser un prénom (ou un indice) lorsque vous laissez un commentaire, je vous répondrai personnellement aujourd'hui... ou demain.
Merci beaucoup de me lire ça me fait très plaisir!

8.6.08

“Papa” seems to be the hardest word? (Be careful of what you wish for)

Il y a des choses sur lesquelles je ne transigerai pas.

J’ai déjà lâché du lest sur pas mal de mes chevaux de bataille en matière d'éducation: l’utilisation de la tétine, la péridurale, les produits non biologiques, les petits pots, le beurre de cacahuète et les jus de fruits à l’âge d’1 an à la crèche, les peluches Pokémon, les tétées de nuit, les bras quand il pleure, les jouets qui font ‘bip bip’, la maison en pagaille…

(liste non exhaustive)

Mes enfants ne m’appelleront pas par mon prénom. N’en déplaise à l’Homme, qui n’a jamais appelé ses parents que comme ça.

Je l’ai prévenu, s’il veut ce sera « Maman » et « Sander », mais il devrait y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans cette joute qui se promet épuisante.

Epuisante par exemple quand il devra se battre avec la directrice de l’école maternelle pour récupérer Milan le soir de la rentrée scolaire. Sous le prétexte fallacieux de n’avoir le droit de remettre ces chères têtes blondes qu’à leurs géniteurs et décontenancée par la réponse de MiniHomme à la question bien naturelle « c’est ta maman qui vient te chercher ? », (-«Non, c’est Sander »), la brave dame risque d’être bien embêtée.

Quant aux futures questions à SON FILS du genre « c’est qui ton VRAI père ? », rien que cette perspective me met de bonne humeur.

Et si vous vous dîtes « elle se trompe, la Fallope » (…), sachez que j’ai travaillé avec des maternelles, je sais de quoi ils sont capables.

C’est quelque chose que j’ai du mal à comprendre, « Maman » me semble être le mot le plus beau du monde. Loin de moi cependant l’idée de vouloir juger mes beaux-parents Ton et Atie (qui ont quand même fabriqué l’Homme, comment leur en vouloir ?) Surtout à l’heure où j’entreprends une traduction herculéenne en Néerlandais de mon blog, évitons les sujets qui fâchent… Tiens d’ailleurs je leur fais un petit bonjour en passant. *

Depuis qu’à 3 semaines, j’ai entendu le premier mot de Milan (si si, il était très précoce), je l’attends ce « maman ».

Voilà ce que ça avait donné :

Milan : -« aaaaaaaaarg-bvggeuhd »

Moi : -« San !!!!!!!!!!!! T’entends, il a dit « Maman !!!!!!!! »

San : …

[San est très délicat de nature, pas du tout du genre à contrarier une primipare qui vient de passer par un accouchement très difficile.

Il dit des choses comme : « Mais non, c’est pas vilain du tout ces vergetures sur ton ventre, c’est très beau, on dirait des flammes qui décorent ton ventre».]

Depuis, je suis passée par bien des déconvenues. Il semblerait en effet que notre fils va savoir épeler « anticonstitutionnellement » avant de le sortir, ce mot tant attendu. Qu’il crie « Papa » avec enthousiasme m’énerve un peu mais qu’il appelle « Jack » quand il voit le chat, ça me reste carrément en travers de la gorge.
Mais bon, dans le fond, ce chat mérite d’être appelé par son nom pour tout ce que MiniHomme lui fait subir, des doigts dans les yeux aux touffes de poils arrachées en passant par les tentatives quotidiennes d’amputation d’une oreille.

D'ailleurs, je me rends bien compte que je m'énerve pour rien: que les enfants sont d'une ingratitude spectaculaire n'a rien d'un scoop, et pourquoi le nôtre échapperait-il à la règle?

La première fois qu'il dira « maman », je prendrai une cuite mémorable au nom de toutes les mères de toutes les galaxies qui ont choisi de se faire appeler comme ça.

Et « Aurélie » restera réservé à la minuscule poignée de gens qui ne m'ont pas trouvé un surnom plus ridicule: « Li » pour Sander qui ne parvient toujours pas à prononcer mon prénom après 7 ans de vie commune, « Pattes de Poulet » pour certains qui connaissent mon adresse légendaire, « Caroline » ou « Virginie » pour ma mamie qui me confond avec mes cousines depuis 30 ans...

Si je me défends de devenir la copine de mes enfants, j’espère en revanche ne pas être leur pire ennemie, mais c’est une autre histoire…

A suivre.

*Ahem… quand aurai-je enfin le courage de mes opinions ?*

De retour

Bon puisqu'on m'accuse (à raison) de déserter mon blog, je me confonds en excuses: pour ceux qui n'ont rien suivi, il se passe plein de choses dans ma petite vie, et plus trop envie de passer tout mon temps libre devant mon PC.
Pour les curieux qui voudraient jeter un oeil sur la maison que nous avons achetée, voici le lien:
On déménage le 5 juillet, toute aide sera bienvenue! Venez nombreux me voir me cogner aux poutres et tomber dans les escaliers / casser des verres, etc!!

6.3.08

Irrécupérable...

Il faut que je vous parle du cake Weight Watchers que j’ai fait lundi matin.

Dans mon souvenir, c’était une sorte de clafoutis au muesli un peu fadasse mais assez bon que ma mère préparait quand j’étais enfant.

Bon, j’ai dû me planter en recopiant sa recette, c’est impossible que ce truc infâme ait la moindre parenté avec le gâteau aux céréales que je garde en mémoire.

Comme je n’aime pas perdre, je le mange, bien sûr.

Toute seule car Sander ne mange pas de pâtisseries (il m’énerve tiens), ni de chocolats, ni de biscuits. Pfff, il préfère les fruits. Nian nian nian. Cette saleté de cake va donc me rester sur les bras une bonne semaine.

Comme il est vraiment mauvais, je ne le trouve à peu près mangeable que coupé en tranches fines, réchauffé au microondes (pour qu’il ramollisse et ait moins ce côté étouffe-chrétien), et saupoudré d’une bonne couche de sucre en poudre. Ca fait crac sous la dent tout ce sucre, ça me rappelle les crêpes de ma mamie.

Du coup, fatalement, le but initial (je vous fais un dessin de mes hanches ou vous saisissez pourquoi je fouille dans mes recettes Weight Watchers ?) est perdu en chemin et je me dis que quand même pour le nombre de calories que je me bouffe à chaque part, j’aurais au moins aimé ingérer un truc un peu plus réjouissant.

La semaine prochaine, ma recette des brownies sans chocolat ni beurre ni sucre mais au Nutella. Orgasmique. Faudrait pas se laisser abattre.

(Indice de honte : 70%)

4.3.08

Citation du jour

Lovesickness may hurt but it's the salt of life... (trad)

“Liefdesverdriet, het doet zeer, maar het is het zout van ’t leven”.


Hugo Claus, Het Verdriet Van België

26.2.08

Proverbe du Jour

Le singe est toujours singe fût-il vêtu de pourpre (Sagesse Grecque).

21.2.08

Incomprise...

Quand je dis que je préférais David Bowie avant qu'il ne se fasse refaire les dents, on me regarde avec de grands yeux étonnés.
Pourtant, quand je le vois dans son costume à paillettes en train de chanter "there's a starmaaan waiting in the skyyyyyy...", je le trouve incroyablement sexy.

Incontestablement je suis une incomprise.




(Source photo: http://david.bowie.issla.org/)

20.2.08

Métaph'Aurélie

C'est le surnom que Sander m'a donné.
Il paraît que j'abuse des métaphores.

Je suis un peu vexée cependant d'avoir été cataloguée de la sorte, juste pour m'être plainte d'avoir la vie sociale d'un ficus.

Sander: tu ne perds rien pour attendre, d'ici peu je crierai "vendange"!

18.2.08

PS au poste du 3/10/07 "Radiohead : how to make music labels disappear completely?"

Petit billet très rapide en attendant d'autres projets:

Oublié de dire que j'ai reçu le coffret In Rainbows en décembre. Verdict: très bon album. Le groupe a su se renouveler tout en conservant ce son si (désolée pour l'assonance en [s] qui rend cette phrase imprononçable) particulier.

Je présente officiellement mes excuses au groupe pour l'avoir sournoisement traité de diva.

Je ne regrette pas d'avoir commandé le collector: la version présentée en magasins ne comporte que le CD.

Et voilà: Homme heureux (c'était son cadeau de Noël) et matérialisme assouvi (le coffret est un très bel objet de collection)!

Enfin! La version néerlandaise! (Let's go Dutch!)

Ce sera par là:



Mais c'est pas pour tout de suite.

14.2.08

Le coup de la tarte à la crème (Oooops! Taguée!)

J'ai eu la bonne surprise aujourd'hui de voir que j'avais été "taguée" par Céline.

Je connais bien son blog qui traite de sujets qui me tiennent beaucoup à cœur : le portage et l’allaitement.

Etre tagué, c’est quoi ? (sic) Une sorte de chaîne entre blogs, sympa car elle permet de découvrir des blogs intéressants et en accord avec vos idées, réjouissant car cela veut dire que votre propre blog est lu et même que des personnes le recommandent!!
Comment ça marche?

* Mettre le lien de la personne qui vous a taguée
* Mettre le règlement sur votre blog
* Mentionner 6 choses, habitudes, tics non importants sur vous-mêmes
* Taguer 6 personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens
* Aller avertir directement sur leur blog les personnes taguées

Alors voilà, 6 choses non importantes sur moi :

- Je dis souvent « Faudra que j’écrive un article là-dessus ».
Bien sûr ces centaines d'articles en devenir ne voient jamais le jour.
- Je regarde ma liste Amazon tous les jours sur internet, je suis une internet-addict.
- J’aime bien quand tout est bien rangé. J’ai horreur du gaspillage.
- Je ne porte pas mes lunettes (dont j’ai vraiment besoin) par choix, parce que j’aime bien être dans le flou. Non, je ne suis pas spécialement maladroite, je suis myope ! Parfois, j'ai l'impression d'être moi-même comme ce personnage de Woody Allen dans Deconstructing Harry, toujours floue.
- Je ne peux pas écouter les Pixies dans la voiture sans hurler moi aussi avec eu
x.
- Je n’arrive pas à tuer les moustiques et autres indésirables : pas de bol en plus c’est toujours moi qui finit couverte de boutons. Mais quand ils me regardent avec leurs petits yeux, je peux pas !


Pas facile de sélectionner 6 choses sans importance ... Et pas facile non plus de choisir 6 blogs à taguer à mon tour :

-Charlotte, de Tartauxfraises, qui a plutôt intérêt à étoffer un peu tout ça!
Je vous préviens que Charlotte dit des trucs comme "sodomite de diptère", donc que son blog ne passera sans doute pas la barrière du contrôle parental.
Imaginez: c'est elle qui a fait un discours pour mon mariage... (discours dont j'attends toujours la retranscription d'ailleurs).
En plus, sans vouloir faire de délation en aucune manière, c'est le genre à se rêver en pin-up tout en passant son week-end vêtue d'un pyjama en pilou... C'est dire, la gueuse n'en est pas à une contradiction près.


Euh... je cherche les autres , je reviens!

Happy Saint Valentine's Day!

Moi la Saint-Valentin ne m'inspire rien.


Il faut bien dire qu'à la maison la seule personne qui apprécie les fleurs, c'est le chat.


9.2.08

Chouette! Encore une réclamation!

Sur le même modèle que la lettre que j'avais envoyée à l'éditrice au sujet d'un bouquin que je recherchais désespérément, voici le message que je viens d'envoyer à Babymoov:

"Madame, Monsieur,

Pleine d’espoir, je m’adresse à vous, me demandant si vous auriez l’extrême gentillesse de me faire parvenir un couvercle de remplacement pour mon stérilisateur Babymoov Rapido, couvercle que j’ai fait fondre dans un élan d’inspiration (« Tiens si j’oubliais de remplir l’eau avant de mettre au microonde ? »).

Ne me pardonnant pas cette ultime preuve de mon insondable maladresse, la vue du couvercle déformé que j’ai conservé par sentimentalisme (le stérilisateur stérilise beaucoup moins bien sans couvercle) me rappelle constamment que depuis ma grossesse, le nombre de mes neurones a diminué dramatiquement.

Un nouveau couvercle comme preuve du fait que non seulement l’erreur est humaine mais qu’en plus ce message ridicule aura été entendu, me comblerait d’une joie indicible.

Merci d’avance.

Cordialement,

En m’excusant pour le désagrément occasionné,

Aurélie B...f

PS : J’ai beau exagérer un tantinet, je serais malgré tout non seulement heureusement surprise mais heureuse tout court si vous pouviez m’aider à me procurer ce couvercle.


En espèrant qu'ils aient un peu plus d'humour que les gens de la maison d'édition, qui ne m'ont jamais répondu...


PS: La réponse ne s'est pas faite attendre: à défaut d'avoir su faire un geste commercial pour moi, ils ont répondu tout de suite:

"Le couvercle de mixage du stérilisateur micro onde est disponible en pièce SAV au prix de 13.60 € frais de port compris ; ce genre de maladresse, si elle est tout a fait excusable, n’est pas prise en charge en garantie. Vous pouvez commander par courrier en joignant votre règlement par chèque bancaire ou par téléphone avec un paiement carte bancaire.

Je reste à votre écoute pour tout renseignement complémentaire ; n'hésitez pas à me contacter, j'en serai ravie.

Je vous souhaite une excellente journée à vous et à votre famille.

Très cordialement,

Mme ...

Responsable Service Client"


...

Post Scriptum du billet du 2/8/08 "Je suis une desperate Housewife"

Comme me le faisait remarquer un internaute qui citait Winnicott "une mère suffisamment bonne doit accepter d'avoir envie de jeter son enfant par la fenêtre sans jamais le faire."

8.2.08

Je suis une desperate housewife!

Je suis une desperate housewife!

Je faisais récemment un test dans un magazine pour savoir quel personnage de cette série TV j’étais. Moi je vous dis : Je suis Aurélie.

Je n’ai pas de névrose particulière, je ne suis pas ex ou future mannequin, ni obsédée par ma carrière, je n’ai jamais collectionné les erreurs de casting masculines et suis toujours tombée sur des hommes bien.

Je suis juste une femme, une épouse et une maman partagées entre une foule de sentiments contradictoires qui a du mal à avouer qu’elle aimerait parfois vivre une autre vie. Qui adore son enfant et son homme mais est parfois nostalgique du temps où elle pouvait dormir tard ou ne penser à rien d’autre qu’elle-même.

Et surtout j’ignorais avant d’avoir mon fils la solitude qui est celle des jeunes mamans.

L’envie de disparaître, la pression infernale créée par le mythe de la mère parfaite, la compétition idiote, l’émulation grotesque, les conseils gratuits et contradictoires, l’angoisse perpétuelle.

Je continue à allaiter mon bébé de 8 mois et demie, et alors ?

Est-il légitime pour moi d’être énervée quand je montre mon ventre marbré de vergetures et qu’on me rétorque que c’était pour la bonne cause-regarde-ton-beau-bébé-ça-valait-le-coup-hein ?

Suis-je si futile de me rêver en femme fatale ?

Je n’ai pas repris le travail à la suite de mon congé maternité, et alors ?

Pourquoi est-ce si difficile d’assumer ce rôle qu’on prétend instinctif ?

Et si je ne sais pas occuper mon enfant toute la journée, suis-je une mauvaise mère ? Sera-t-il suffisamment stimulé ? Pourquoi il ne mange pas les légumes que je lui cuisine?

Et oui, c’est un lieu commun mais les enfants sont bel et bien ingrats !

Vous avez tous lu dans les journaux l’histoire des parents qui oublient leur enfant en plein soleil dans leur voiture et provoquent des situations dramatiques. Certains s’offusquent, les traitant d’irresponsables et de monstres. Pourtant, nous avons tous des jours où la fatigue morale ou physique, le stress et la pression de l’entourage nous mettent dans un état second.

Ma routine est telle que parfois j’ai l’impression par exemple de faire mes courses en marche automatique. Je rentre à la maison les bras chargés de choses dont j’avais plus ou moins besoin sans avoir le moindre souvenir du chemin que j’ai pris pour rentrer.

Moi je les plains, ces parents, parce que je suis comme eux. Je ne crois pas en l’infaillibilité de l’homme, je crois aux erreurs, aux accidents et aux ratés de la vie.

Je crois que le baby blues dure toute la vie, que rien n’est plus jamais pareil quand on ne peut pas tout quitter d’un seul coup sans état d’âme.

Et je ne partirai pas car c’est trop tard à présent : je suis tombée raide dingue de mon fils, foudroyée par un amour inconditionnel.

Il faut que je vous raconte : depuis quelques jours, il saute sur place en battant l’air de ses petits bras en criant son enthousiasme, on dirait une sorte de petit animal fou de joie.

C’est absurde comme il me fait rire ! Comme il porte en lui tout l’amour du monde et toutes mes aspirations passées présentes et futures. Comme je me sens comme une louve prête à montrer les dents pour le défendre.

Il y a au moins une chose dont je suis sûre, c’est que j’ai découvert en moi une partie inexplorée et qui m’émerveille : Moi, Aurélie, la desperate housewife la pire de l’Ouest et du Nord confondus, j’ai cette immense qualité d’être une femme et une mère remarquablement, absolument et irrévocablement ordinaires.

Et le jour où mes enfants me traiteront de vieille conne, je serai la femme la plus fière du monde. Je ferai enfin partie du club.

25.1.08

Sa langue contre la mienne

Bon le titre de ce poste est un peu limite c’est vrai.


Il faut que je vous raconte une conversation que j’aie eue avec mon homme.

Pour replacer les choses dans leur contexte, je précise que la plupart du temps il me parle dans sa langue, le néerlandais, et je lui réponds dans la mienne, le français. Souvent la même phrase voit en fait les deux langues mélangées, ainsi que quelques mots d’anglais (qu’on a gardé du début où on se connaissait et où on ne pouvait communiquer que dans cette langue).

Voilà ce que cela a donné quand Sander et moi nous baladions en voiture dans la campagne d’Amsterdam il y a quelque temps :

« -Blablablabla » (moi)

« -Grpgtfbrwwrzx Zä`g » (lui). Le néerlandais est en fait une langue très musicale, surtout quand on est aveugle des deux oreilles ou sourd d’au moins un œil, mais très peu de gens y sont sensibles.

Moi, surenchérissant : « -Blablablablablablablabla, etc. Oh tiens regarde là-bas des moutons !! »

J’ai l’âme et la capacité d’émerveillement d’un enfant de 3 ans, mais passons…

L’homme « -Hein ? Mais où ça ? »

Moi « -Ben là, en blanc !! »Mais là t’es aveugle ou quoi **??!! »

Sander, atterré : « Mais c’est pas des moutons c’est des foies ! »

Moi : …

« -Ben oui, qui font des foies gras », précise Sander, sérieux comme un pape.



Hilare, je lui explique que ce sont des oies et non des foies, malgré l’appellation certes trompeuse de foie gras !

Je ne sais pas ce qui me fait le plus marrer, sa bourde de langage ou le fait que, vraiment, il faut que je pense à porter mes lunettes. Je peux me moquer, je suis quand même celle de nous deux qui a pris des oies pour des moutons !



** ou comment illustrer à la perfection ce dicton que j’affectionne particulièrement « C’est le chaudron qui se fout de la marmite ».

11.1.08

La p'tite bête qui monte qui monte qui monte

Vous n'avez jamais l'impression, parfois, d'être seul(e) dans votre salon avec cette impression tenace que quelqu'un vous observe?
...
Eh ben, vous avez souvent raison!

NB (mortifiée): Penser à laver les vitres une fois de temps à autres, surtout avant de photographier la faune, si riche ici à Amsterdam...

No comment

Il était une fois dans l'West

Bougez pas je reviens ce week-end vous parler de ce fabuleux bouquin...

38 mini Westerns (avec des fantômes) de Mathias Malzieu.

Il faut que je pense à découvrir aussi en urgence:

La mécanique du coeur, l'album + le livre.
Je suis en retard, c'est sorti il y a un bout de temps!

(Mathias Malzieu et Dionysos)

A lire avec: plein de Kinder suprises, bien sûr!

8.1.08

Interpol, Joy Diovision & Editors

Pourquoi j'y arrive paaaaaaaaaas?

A les différencier? (Euh pas à chaque fois).

Et ceci malgré des travaux pratiques intensifs sous la tendre férule de Sander (que mon inculture musicale amuse, dans le fond) ?

Help!

4.1.08

L'insoutenable lourdeur de l'être



Lundi je commence mon régime Detox. [NB: pas dans le but de perdre du poids hein! Plutôt une cure de quelques jours sans café, viande rouge, gras saturés ni sucres rapides, etc.]
Inutile de m'appeler: je serai sûrement d'assez mauvais poil.
Mais je dois me rendre à l'évidence: encore un chocolat et je suis officiellement droguée du sucre. Il faudrait alors m'envoyer en cure!

Bilan des fêtes: 43 Ferrero Rochers -30 chocolats divers dont un à la liqueur qui m'a laissé un goût curieux de pourri pendant 4 jours sur la langue- 4 litres de boisson alcoolisée (dont 1 en une soirée, moi qui ne boit ja-mais) - un quart de chapon - quelques centaines de grammes de saumon fumé - une énorme frangipane - 5L de Cola Light (là j'ai super honte) - 6 beignets - 300g de bonbons Haribo (que j'ai oublié de faire passer à Gilles, comme cadeau de Noël, ben oui il faut pas gâcher hein...) - 1 panier de noix/noisettes (les amandes ont été épargnées faute d'un casse-noisettes digne de ce nom mais ne perdent rien pour attendre) - 1 litre de glace à la chantilly - et tout le reste (silence lourd de sous-entendus.)

Ben c'est bien la peine de se tartiner des produits bio du bon Dr Hauschka et de bouffer autant de cochonneries!

M'en fous, j'aime bien ça la soupe!

A plus tard,

Aurélie et son sentiment de culpabilité.

2.1.08

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant...


A tous ceux qui n'ont rien compris à la practical joke de la calculatrice, et à tous mes amis freudiens et interprètes des rêves du dimanche, voici un challenge:

*parce qu'évidemment, rien trouvé dans le dico des symboles et des clés pour interpréter les rêves...*


Voilà...
Il y a un mois, j'ai eu un rêve qui m'a laissée perplexe:
Jack (le chat obèse du cartoon, qui fait partie de notre famille depuis 3 ans) bouffait en entier le xylophone destiné à Milan (cadeau de Noël de ses grands-parents). J'ai eu beau lui ouvrir la gueule, impossible de faire sortir le xylo...
J'ai alors eu l'idée brillante de sortir une calculatrice et de diviser par deux. Ben oui, pour que le xylo ressorte plus facilement!
Je n'avais pas du tout prévu que Jack diminuerait aussi. Me suis retrouvée avec un tout petit chat ayant avalé un tout petit xylo...

Alors, je veux bien qu'on me parle d'inconscient, de subconscient et de Surmoi mais, n'en déplaise à Freud, ce rêve n'a absolument aucun fondement mais a eu par contre l'avantage de me faire exploser de rire.


A moins que vous n'ayiez une théorie?

...


PS: Sander, pourrais-tu arrêter les blagues avec cette foutue calculatrice STP, ou je te multiplie par zéro?





21.12.07

Encore des listes!

Liste non définitive et surtout répartie de façon totalement aléatoire (sans ordre de préférence donc) du minimum vital des chansons sur mon MP3.

Pourquoi 50 ? Pourquoi pas ?

50 chansons:


1- The ideal Crash/ dEUS 2- Like a Hurricane (unplugged)/ Neil Young
3- NYC / Interpol 4- Tijuana Lady/ Gomez
5- You are my sister/ Antony and the Johnsons 6- Where Is My Mind?/ Pixies
7- Sunday morning/ The Velvet Underground 8- Space Oddity/ David Bowie
9-Thank you/ Led Zepplin 10- Stairway to Heaven/ Led Zepplin
11- Out on the week-end/ Neil Young 12- Disappointed In The Sun/ dEUS
13- The Beatles/ For no One 14- Creep/ Radiohead
15- Harvest/ Neil Young 16- Fake plastic trees/ RH
17- Next Exit/ Interpol 18- Teardrop/ Massive Attack
19- Hallelujah/ Jeff Buckley 20- Little Arithmetics/ dEUS
21- The man who sold the world/ Version de Nirvana 22- Ziggy Stardust/ David Bowie
23- Street Spirit (fade out)/ Radiohead 24- We haven’t turned around/ Gomez
25- Kirsten Hirsh/ Your ghost 26- Spaceboy/ Smashing Pumpkins
27- The needle and the damage done/ Neil Young 28- I’ll be your mirror/ Velvet Underground and Nico
29- Le vent nous portera/ Noir Désir 30- Jealous guy/ John Lenon
31- Wave of mutilation/ Pixies 32- For today I am a boy/ Antony and the Johnsons
33- Get me away from here I’m Dying/ Belle and Sebastian
34- I am a rock/ Simon and Garfunkel 35- Cactus/ Pixies
36- Monkey gone to Heaven/ Pixies37- Hey/ Pixies
38- Here there and everywhere/ The Beatles
39- While my guitar gently weeps/ The Beatles
40- Life on Mars?/ David Bowie 41- Grace Kelly Blues/ Eels
42- Don’t panic/ Coldplay 43- Playground Love/ Air
44- Good Vibrations/ The Beach Boys 45- Dear catastrophe waitress/ Belle and Sebastian 46- Wonder/ Plëyad 47- My valuable Hunting Knife/ Guided by Voices
48- One/ U2 49- Instant street/ dEUS
50- Rebel rebel/ David Bowie

*Livres qui m’ont le plus fait rire:

Un tout petit monde/ David Lodge

Pourquoi j’ai mangé mon père/ Roy Lewis

Stupeur et Tremblement/ Amélie Nothomb

Cul de Sac/ Douglas Kennedy

Comment voyager avec un Saumon et autres Nouvelles/ Umberto Ecco

Les auteurs Roald Dahl, Nick Hornby et Woody Allen, souvent.

Et pleurer ?

L’Ecume des jours ?

Je vois pas, vraiment.

*Insulte préférée:

-Cul de mammouth! (réservée presque exclusivement aux gens lents qui monopolisent la piste cyclable, et non la route puisque je ne conduis pas)

-Etterbak ! ( Du Néerlandais, littéralement : « Bassine de Pus »)

*Si je devais choisir………………………………………………..

Un seul album ?

Harvest de Neil Young. Mais une seule chanson… Sans doute quand même Stairway to Heaven.

A mon enterrement : Tijuana Lady de Gomez.

(A mon mariage, il y avait Good Vibrations des Beach Boys, Thank you de Led Zepplin et I’ll be your mirror des Velvet Underground.)

Un seul film ?

Argh ! Allez, Tim Burton’s Nightmare before Christmas ( L’Etrange Noël de Monsieur Jack)

Un seul livre?

Ca va pas non?

Pff, j’hésite : Le Monde selon Garp… L’Ecume des jours ?

Un souvenir ?

Le 5 août 2006, une journée inoubliable. Ouh le cliché !

+ La naissance de Milan. Euh, mettons le lendemain…


19.12.07

Bagels & Beans Keizersgracht


Mon café préféré dans le centre d'Amsterdam, pour un chocolat chaud et un bagel en milieu d'après-midi. Si possible s'il fait froid mais sec, s'installer dehors près du canal et regarder les passants. La détente absolue!




2.12.07

Un autocar nommé Désir (Séquence nostalgie)

Cela fait cinq ans jour pour jour plus trois semaines que je me suis installée aux Pays-Bas.


Ne croyez surtout pas que je ne garde que des mauvais souvenirs des mois passés en France à attendre de pouvoir émigrer.
C’est même avec une certaine nostalgie que je me remémore mon minuscule appartement rue Saint-Georges, à Rennes. Tellement minuscule en fait qu’il aurait fallu pour avoir une télévision ou un micro-onde ou un grille-pain soit pouvoir dormir dessus soit s’asseoir dessus.
Comme c’était pratique alors de pouvoir décrocher le téléphone de la douche, ou de pouvoir ouvrir la porte du lit! Je ne me suis jamais autant amusée par la suite que dans ces 9m².
Mais un de mes souvenirs préférés reste le voyage que j’effectuais en car tous les trois mois avec Eurolines, la compagnie qui relie joyeusement Paris (ou même pour notre grand bonheur, Rennes) à Amsterdam, et ceci plusieurs fois par jour, pour une somme relativement modique.

Après avoir expérimenté ce circuit de très nombreuses fois, je crois avoir en saisi le mode de fonctionnement.

Voilà ce que j’ ai pu noter :
Le chauffeur, souvent peu amène, vous prévient d’emblée que vous n’êtes autorisé(e) ni à boire ni à manger ni à fumer ni à vous lever ni à utiliser les toilettes du car et que vous êtes obligé(e) de sortir, même sous un blizzard à décorner un buffle, lors des pauses réglementaires.

Ces arrêts correspondent presque toujours à des aires d’autoroute mornes et glacées, généralement d’ailleurs près d’un Mac Donald (chaîne de restaurants dont j’ai horreur), sur lequel se précipitent, ragaillardie par la perspective réjouissante de prendre une tonne en 3 minutes 16, la nuée de voyageurs affamée dès les portes du car entrouvertes.
Vous n'avez donc aucune alternative digne de ce nom, surtout en pleine nuit, au fait d’aller vous restaurer dans une odeur de graillon.
Un jour où j'ai voulu rester attendre dehors, croyant que l’arrêt ne durerait que quelques minutes, et après les 17 secondes qui m'ont fait changer d'avis, j’ai essayé d’implorer le chauffeur affable de me laisser remonter à l’intérieur du car reprendre un petit lainage, en vain.
Mes yeux de cocker battu n'y ont rien changé, le fourbe est resté inflexible pendant les 30 minutes de la pause.
Et pourtant, les températures du Nord ne rigolent pas, c’est un fait.
Bleuie et crispée, je me suis jurée d’essayer à tout prix de me mettre à fumer, sinon pour me réchauffer du moins pour me donner une contenance dans ce genre de situations. Seulement, si on évoque souvent la difficulté à arrêter, on sous-estime beaucoup le fait de commencer, qui est d’une effroyable complexité.
Mais je vous reparlerai une autre fois de mes mésaventures d’ex-future-ex fumeuse et revenons encore une fois si vous le voulez bien, à nos laineux:

J’ai pu expérimenter trois sortes de co-passagers, toutes plus insupportables les unes que les autres.
Pourquoi insupportables? Parce que pendant le voyage, je veux qu’on me fiche la paix, est-ce trop demander?
Le walkman et l’oeil assassin sont des indices… Passez votre chemin, laissez-moi tranquille avec ma musique!

On parle ici de 8 heures (de Paris) ou 16 heures (de Rennes) de transport dans des conditions inconfortables, dans un bus parfois bondé et toujours non climatisé, avec un chauffeur, qui tel un cerbère fantasmatique, guide notre descente aux Enfers.
Avec l’estomac à l’envers pour les patraques de la route (comme moi).
Et en prime, le cœur à l’envers, lui aussi, quand je revenais seule vers la France après un séjour chez celui qui allait devenir l’Homme.
Difficile de décrire l'état d'esprit dans lequel je me trouvais sur le chemin du retour vers mon appartement de poche, à Rennes, à chaque fois: Disons que quand je revenais d’Amsterdam, à l’époque, je n’aurais pas eu besoin de mettre les doigts dans une prise électrique pour me sentir exister.

Mais, où en étais-je? Diantre, mes laineux!!

La première sorte de voyageurs horripilante est constituée de ce que j’appelais “le Pouah de Senteur (PDS)”: C’est le gars devant moi qui déballe en douce du chauffeur près à le tancer vertement (car manquement à la règle numéro 1 du car, voir plus haut si vous n’avez rien suivi) un sandwich au pâté ignoble et qui m'oblige à essayer en urgence la méthode Coué pour ne pas repeindre le siège devant moi, car plus malade en transport, tu meurs (j’ai même été malade une fois en kayak sur lac calme).
Je m’envoie des messages subliminaux: Eucalyptus… Menthe fraîche… Air de montagne, lavande… Embruns de l’ocean… Pastille Vichy…
Mais viennent parasiter ces bonnes vibrations des ondes négatives qui me susurrent: Pâté de campagne rance (ndlr: j’ai les charcuteries en horreur depuis environ 30 ans, même hors trajets Eurolines), dégueulis de chat, toilettes d’autoroute… etc.
Le fumeur de joints, jeune Français qui va deux fois par an décrédibiliser à Amsterdam tous les jeunes Français qui se présenteront un jour pour un emploi aux Pays-Bas et devront en rajouter des tonnes pour assurer de leur sérieux leur futur employeur, fait également partie de cette catégorie.
Du moins au retour de son week-end à Amsterdam.
Amsterdamned, celui-ci je ne peux pas le blairer!
Il a fumé tout ce que ses poumons (ou son portefeuille) lui ont permis de griller, et sans doute même davantage et par contre ne s’est pas douché depuis le jeudi matin.
Où a-t-il dormi? Cela reste un mystère, tout ce que je sais, c’est qu’il n’y avait pas l’eau courante.
C’est cette raison qui m’avait poussée à éviter absolument les retours en France les lundi et mardi matin: Et oui, rien n’empeste plus que Le-Fumeur-de-Joints-du-début-de-Semaine, sur la ligne Eurolines vers Paris.
Il faut avoir passé des heures à coté d’un pauvre bougre dévoyé aux relents de charogne boucanée pour savoir ce que je veux dire.

En numéro 2, nous avons le ou devrais-je dire LA sans-gêne (SG), celle qui, entre autres, vous fait profiter de ses conversations téléphoniques pendant des heures (“Mais si je te jures, il m’a rappelée pour me dire que c’était fini”… Blablabla), met son siège en position allongée sans daigner avoir un regard en votre direction et qui vous broie les genoux si vous avez le mauvais ton de faire plus d’un mètre 70.
Qui vous ignore quand vous la sommez de redresser le siège pour que vos genoux retrouvent leur couleur normale (pas bleue donc) sous prétexte qu’elle aussi a payé son billet, il n’y a pas de raison qu’elle ne puisse pas allonger son siège bordel ! Et ne veut pas en entendre parler des problèmes existentiels de vos genoux.
La même vous avait laissé KO en vous assommant d’un coup de valisette hideuse et démesurée en entrant dans le bus, en essayant de bourrer contre toute logique la susdite (valise, donc) dans le compartiment qui ne peut contenir au grand maximum qu’une veste et un parapluie.
Elle prend son temps aux toilettes sur les aires d’autoroute et se fait attendre, pendant qu’un élan de méchanceté vous fait espérer que le chauffeur l’oublie, dans le froid et l’obscurité…
Puis, elle laisse ses papiers gras et autres emballages de sandwiches au pâté (car les catégories 1 et 2 vont parfois de pair) par terre au milieu de l’allée centrale du car, sans vergogne.

Alors que le fumeur de joints PDS au parfum tenace bénéficie quand même d’une petite cote de tendresse de ma part, je ne peux pas encadrer la sans-gêne. C’est viscéral.

Mais le pire, oui certainement le pire et de loin, c’est le gars souriant de la catégorie numéro 3, que j’appelais “le Social” ou “le Pénible” (SP).
Il s’approche avec le sourire et s’assoit juste à côté.
Pas un rang devant ni derrière, non A COTE de vous, sans prendre note du regard tueur ni du casque de walkman et se présente ”Hé salut, moi c’est Olivier, et toi?”, tel un ancien camarade de classe heureux de vous voir.
Le Pénible vous propose après une heure de bavardage un morceau de son sandwich au pâté, démontrant par la même occasion que les catégories PDS et SP sont parfois complémentaires. Après Bruxelles, vous savez déjà toute sa vie, sentimentale et professionnelle. A Anvers, vous connaissez le prénom de sa mère. Puis en arrivant aux Pays-Bas, vous remarquez avec stupeur qu’il s’est endormi sur votre épaule. Pour finir en beauté, il vous file un torticolis.



J’arrivais donc, au terme d’un voyage toujours épique, moulue et totalement asociale.

A la descente du car au retour, après avoir récupéré mes minces affaires (je voyage toujours léger), et après avoir respiré une bouffé d'air pur de l'extérieur, je fusillais une dernière fois du regard la Sans-gêne et sa valise ridicule et me débarrassais du Pénible, qui m' avait entre-temps griffonné son adresse sur un emballage de chewing-gum.
Puis je me mettais à marcher, la tête ailleurs. Rêvant d'autres voyages et d'autres paysages. Rêvant de l'Homme qui viendrait ou non me rendre visite ce mois-ci dans mon appartement.

Peu à peu, les semaines passaient et une certaine fébrilité s'emparait de moi. J'oubliais toujours les vicissitudes de mes voyages et c' est avec un bonheur intense que j'allais acheter un nouveau titre de tranport Eurolines, chargé de la promesse d'une odyssée immanquablement riche en sensations.
Bien sûr, j'ignorais alors que ce n' était que le premier chapitre de mes tribulations.
Et qu'un jour pour moi revenir en Bretagne constituerait l'aventure ultime, et me ferait rêver.

13.11.07

Le Coq est mort le Coq est mort

Dans les chansons enfantines, pourquoi y a t'il autant de morts? La théorie de l’alouette.

Alors que la France détient curieusement le record du plus grand nombre d’antidépresseurs par an et par habitant, je viens pour l'expliquer de penser à une nouvelle théorie.

Il n’y a à ma connaissance aucune raison pour que ce phénomène obéisse à un déterminisme génétique ou climatique. Et, comme je ne suis pas d’humeur à polémiquer, je ne vais pas m’étendre sur la médecine française et l‘industrie pharmaceutique…

Pas besoin en fait, car j’ai eu une illumination !

Je chantais à mon fils un innocent refrain évoquant à mots couverts la mort prochaine et atroce d’un jeune matelot quand mon Homme, à bout de patience, déclara que c’en était fini des chansons françaises qui traumatiseraient certainement à jamais SON FILS.

Fort marrie* d’être interdite de berceuse par un Homme épouvanté par tant de barbarie (moi qui adore chanter), j’ai essayé d’argumenter mais malheureusement une fois n’étant pas coutume, Il avait raison !

[ *Pour Fort Marrie, prendre la première à droite après Fort Alamo]

Pendant que nos voisins européens s’époumonent sur des histoire de libellules, de petites chenilles rieuses, de petits garçons qui glissent ô comme c’est charmant ! sur le cou de girafes adorables et d’étoiles qui brillent brillent au firmament, nous, Français, non contents d’avoir un hymne national assez sanglant pour faire passer Pol Pot pour un premier communiant, berçons nos chers petits anges avec des chansons effroyables.

Croyez-moi, je l’ai fait aussi !

Quand je réfléchis, le répertoire des chansons enfantines est effectivement le théâtre d’une véritable hécatombe.

Même quand ça pourrait à peu près bien finir, comme c’est le cas pour Le Petit Navire (celui-là même qui n’avait ja-ja-jamais navigué), rares sont les interprètes qui ont assez de souffle pour aller jusqu’au bout des 13 couplets (je n’exagère pas, regardez ), la « berceuse » dans son intégralité relevant plus d’un concours d’endurance que d’une sinécure.

Et, en effet, aucun enfant n’a jamais connu la fin de la chanson où le p'tit mousse, mousse, mousse [est] sauvé.

Pour ma part, je me souviens du moment où « le sort tomb[e] sur le plus jeune » comme de l’un de mes premiers chagrins d’enfant.

Indubitablement, si j’avais su la fin, je n’en aurais pas fait tout une histoire !

Si vous pensez que le drame s’arrête à cette histoire de rafiot, rappelez-vous la Mère Michel et son chat, le chasseur assassiné par un lapin (avouez-le, en lisant ça, vous n’avez pu vous empêcher de faire les gestes qui vont avec), la souris verte trempée dans l’huile et donc à mon avis bien mal barrée, la complainte du petit phoque agonisant ou le petit cochon pendu au plafond.

Et, non ! Cette liste n’est pas exhaustive ! Pour peu que vous soyez un cheval (mais encore une fois, qui vous a appris à lire ?), là vous avez statistiquement encore moins de chances de vous en sortir : Stewball, Le petit cheval dans le mauvais temps, autant d’exemples qui prouvent qu’on n’a pas besoin des puiser dans les tragédies grecques pour assister à des fins horribles. D’accord, les deux dernières ne sont pas à proprement parler des chansons destinées à un public d’enfants mais où les avez-vous apprises ? Et oui : à l’école !

Et quand le désastre n’est pas clairement annoncé, il est suggéré, parfois sur le mode humoristique, mais NOUS NE SOMMES PAS DUPES :
Franchement, allez expliquer à l’alouette de la rengaine que c’est désopilant de se faire plumer.

Les animaux qui s’en sortent, comme le lapin sauvé du chasseur par un grand cerf dans sa cabane, ont eu vraiment chaud aux fesses, c’est moi qui vous le dis.

Mais là c’est encore plus invraisemblable, car quand le cerf dit
« Petit lapin entre et viens me serrer la main », est-ce qu’il est conscient que ni lui ni son compère n’en ont, de mains ?
Soit il parle (mais ahemm… encore une fois...) de sabots et de pattes, soit il s’agit en fait du portrait par métaphore capillotractée d’un simple citoyen qui ouvrirait sa porte à un sans-papiers.
Par ce que s’il s’agit réellement de deux animaux, le fait de se baisser pour serrer la euh… main déplacerait selon une loi de physique élémentaire le centre de gravité du cerf de manière compromettante : et si le cerf se prend les sabots dans son paillasson et écrase le lapin, on est bien avancés ! CQFD.

La chanson s’arrêterait donc quelques secondes seulement avant le passage de vie à trépas du lapin. Là, je vais pleurer.
Et dans le cas où il s’agit bel et bien d’un réfugié sans-papiers, je crains bien que cela ne puisse pas avoir de « happy ending » non plus.

Mais je m’égare… Tout cela pour dire que c'est en les abreuvant d'atrocités doucement murmurées que nous conditionnons de futurs angoissés et déprimés.

*C'est certainement un complot élaboré par les industries pharmaceutiques...*

Endormons nos enfants avec des mélodies moins sanglantes, que diable, et voyons s'ils font autant de cauchemars!

En attendant, j’ai parlé un jour il n’y a pas si longtemps de me lancer dans la littérature érotique, pourquoi n’écrirais-je pas à la place des chansons pour enfants ?

Il me semble en effet que la chanson mettant en scène un ourson ébouillanté reste encore un créneau à prendre.

4.11.07

Histoire d'O(rélie)

On m’a souvent accusée d’être de mauvaise humeur le matin*.

Honnêtement, je me demande bien pourquoi : une fois douchée je repars comme neuve, que j’aie ou non passé une bonne nuit. Enfin, c’est vrai du moins de Mars à Octobre, les mois où je n’hiberne pas.

Qu’on ne s’y méprenne pas, je ne fais pas partie de cette catégorie de personnes horripilantes qui sautent du lit au chant du coq en chantant, guillerettes.
[Il y a un mythe urbain qui circule : il semblerait que certaines personnes se réveillent avec une haleine mentholée!!?]
D’ailleurs, être lève-tôt a toujours été un de mes critères rédhibitoire de sélection masculine car comme le dit le premier commandement : « tu ne me casseras point les pieds le matin ».
Mais j’affiche un certain entrain, fataliste : après tout le matin a souvent le bon goût de se transformer en après-midi puis en soir, mon moment de prédilection de la journée.

De mon homme, par contre, bien qu’il s’en défende, on ne peut espérer avant 9 heures que quelques borborygmes inaudibles et œillades assassines (dans le meilleur des cas) ou indifférentes (hypothèse basse). Car son rêve le plus fou est que je le laisse déjeûner en paix.
Il se lève sur la pointe des pieds en priant pour que mes ronflements de sonneur servent aussi d’hypnotiques et que je ne me réveille pas.
Hypocrite, il prétend souvent le soir, en rentrant d’une journée de travail peut-être riche en émotions mais dont la porte m’est fermée à tout jamais, m’avoir demandé plus tôt le matin même de déjeuner avec lui et avoir été déçu du fait que, léthargique, j’aie ignoré sa question. Sa voix elle-même est alors criante de mauvaise foi.
En fait il profite de cette heure seul pour regarder la télé, écouter la radio et Dieu seul sait encore quoi sans avoir à encaisser mes coq-à-l’âne déroutants (surtout de bon matin), ma liste de courses de la journée et mes questions existentielles.

La semaine dernière je me suis glissée subrepticement dans le salon pour le rejoindre.
Pieds nus, il ne m’avait pas entendue arriver.
J’ai presque entendu un soupir de déception, mais il faut bien noter que si l’Homme n’est pas ce qu’on peut appeler matinal, il ne manque par contre jamais de classe. Que lui confèrent son flegmatisme à toute épreuve et une patience inébranlable. Il ne va pas s’abaisser à me faire comprendre qu’il préfèrerait que je retourne au lit.
Comme malgré tout, curieusement, il ne peut réprimer un certain plaisir à me voir, il met la table, pour deux. Nous dévorons un petit déjeuner pantagruélique sans un mot de sa part, malgré plusieurs tentatives (répétées lourdement) de ma personne.

Mon babillage le laisse indifférent, il est manifestement ailleurs, dans un monde qui me fascine et dont je n’aurai jamais la clé.
Je tente alors un monologue dans sa langue, auquel il répond par une série d’onomatopée guère encourageantes. Et pourtant il pourrait saluer l’effort ! Et oui, par exemple quand je dis « zullen wij dan gaan ontbijten ? » on dirait qu'il manque des lettres ou quelque chose comme ça, mais en fait ça veut dire "si on prenait le petit déjeuner ?" en Néerlandais. Et comme chacun sait, en Néerlandais, il y a toujours trop de voyelles ou pas assez, il ne faut pas chercher à comprendre.
Mais, essai raté : non content d’être irrité il est dorénavant vexé par le fait que j’insinue de façon retorse que sa langue maternelle est une langue peu musicale.

Autre tentative désespérée pour attirer son attention, je m’inquiète sournoisement… SON FILS n’a pas l’air très bien ce matin. Je me demande si SON FILS ne couve pas quelque chose… Toujours pas de réaction et pourtant SON FILS est un sujet qui le passionne.

J’hésite entre jeter mes céréales par terre et quitter la pièce, drapée dans le peu de dignité qu’il me reste, quand une idée me vient. Vous vous rappelez cette pub : « c’est quoi cette bouteille de lait ? »

Je décide de pousser mon cher et tendre dans ses retranchements : « Tu sais que j’écris assez souvent en ce moment, tard le soir ? En fait, j’écris des nouvelles érotiques. »
[Et de me resservir en confiture].
L’Homme, aussi subtil qu’un pack de six, confond érotisme et pornographie.
Il s’étrangle : « Hein ? Comment ça ?»
Il me parle en français : chose rare et précieuse, j’ai enfin son attention !
Je me plonge dans un silence machiavélique.
Après quelques secondes savoureuses où il retient son souffle dans l’espoir d’une réponse de ma part, je lui demande, distraite : « Qu’est-ce qu’il y a il est trop vieux le lait ? »

Il est suspendu à mes lèvres, je reste impassible.
Bien réveillé, il me fusille du regard, oscillant entre « Dites-moi que c’est pas vrai », « Qu’est-ce qu’elle a ENCORE inventé ?» et, quand même, une pointe d'intérêt.

Je trouve une multitude d’arguments : mon imagination débordante et mon goût pour les métaphores conviennent à ce genre, facile et qui se lit bien, la perspective d’avoir un sujet de conversation tout trouvé lors des réunions de famille, les réactions qu’il suscitera…
Au fur et à mesure de mon argumentation, une chose inouïe se produit : je me suis convaincue moi-même!! Ma vocation, c’est écrire des nouvelles érotiques !
Après tout, pourquoi pas ?

Je songe déjà à trouver un pseudonyme, le risque de voir un jour mes petites mamies tomber sur un de mes bouquins au titre évocateur étant trop sérieux.

Ce n’est pas tant le fait que cela lui déplaise que le fait qu’il ne trouve rien à dire qui m’agace.
Sœur Anne ne vois-tu point venir à l’horizon enthousiasme, colère, irritation, amusement ou curiosité?
« Euh oui ben si tu veux » Les mots lui brûlent la gorge comme de l’acide, dans un effort surhumain pour avoir l’air détaché.
Je ne saurai donc pas ce qu’il pense ?
Puis il se met à bouder comme un petit garçon en mâchonnant une tartine de beurre de cacahuète (dont il raffole) au goût prononcé de chauve-souris.

Je trouve cette réaction très exagérée, après tout il n’y a pas de quoi fouetter un chat !
Franchement énervée, je me dis que ce n’est pas une si mauvaise idée. Cela lui fera les pieds.
Je pense d’ores et déjà à laisser tomber l’idée du pseudo et à utiliser mon propre nom, le sien en fait, qu’il m’a donné sans penser un instant à tout ce qui l’attendait, un après-midi d’août où je lui ai dit oui dans un tourbillon de dentelle.

C’est alors que mon regard tombe sur la petite note qu’il m’avait écrite avant mon irruption intempestive dans le salon : « Tu dors comme un ange, pas eu le cœur de te réveiller, bonne journée et à ce soir… »
Déferle en moi une immense vague de culpabilité.

Je lui ai gâché son petit déjeuner et je suis un monstre.

Mortifiée, je lui confesse mon intention de départ, et je suis complètement déroutée par son éclat de rire. Je n’ai plus qu’à aller me recoucher, cherchant une manière de me faire pardonner :

Demain dès l’aube, à l’heure où retentit ton réveil, je ferai semblant de dormir. Je te laisserai tranquille, je te laisserai apprécier ce moment de solitude, je comprendrai même pourquoi tu préfères déjeuner sans moi. Et je t’écrirai des histoires rien qu’à toi, si tu veux. Et, allez, demain soir je te ferai des crêpes…


*Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. (Je vous écris d’une main car l’homme me tord l’autre bras en me forçant à écrire ça).

1.11.07

Et ce n'est pas peu dire...

30.10.07

I'll be back!

Pour ceux qui n'ont pas décroché leur diplôme pattes de mouche, c'est écrit:
"Un peu de patience, je reviens très vite!
Merci à tous ceux qui me suivent et laissent des commentaires, ça me fait très plaisir!"

22.10.07

A venir!

Et non je n'ai pas arrêté de me répandre en bavardage! Vous pourrez me retrouver bientôt avec deux postes nouveaux:


Le Coq est mort le Coq est mort: pourquoi il y a-t-il autant de morts dans les chansons enfantines?

Histoire d'O(rélie), ou comment j'ai failli me lancer dans la littérature érotique.

Mais il vous faudra patienter car le temps joue en ma défaveur: depuis hier, je ne peux pas écrire car certaines lettes de mon clavier sont bloquées. Ne croyez surtout pas que le problème est résolu aujourd’hui : je suis juste en train de faire tous les «a», les «z» et les «q» en copier coller et je m’attends d’un instant à l’autre à perdre le «e » et le «x » comme c’était le cas hier. J’ai déjà perdu aujourd’hui la barre espace et la touche Escape.

Vous comprendrez donc qu’écrire dans ces conditions est un défi très dangereux de l’homme (et à plus forte raison de la femme) contre la machine, mais je vais quand même le faire car chose promise...

9.10.07

Post Scriptum

Suite à l'incident diplomatique sans précédent provoqué par le poste du 8/10/07
"vous reprendrez bien une tranche de vie", à paraître très prochainement :
"La recette des délicieuses crêpes de mamie Sommaire."
A suivre, donc.

8.10.07

Vous reprendrez bien une tranche de vie ?

A la demande expresse d’une personne qui m’est très chère voici la fameuse recette du gâteau
« Tu vois bien » de mamie Bunouf.

................

C’est un dimanche, il fait gris. Une furieuse envie de me mettre en hibernation m’envahit.

L’été est déjà un souvenir or je souffre de dépression saisonnière. Je traine des pieds dans ma maison comme une âme en peine.

Une excursion dans mes placards dans le but de combler ce gouffre abyssal me met face à
une odeur révoltante, un paquet de raisins secs ouvert depuis une décennie. Quelle infamie !
J’exècre les raisins secs !
Cette rencontre pour le moins intempestive me donne l’envie soudaine de m’offrir une orgie papillaire digne de ce nom.
Or, ma madeleine de Proust à moi, c’est le gâteau aux pommes ineffable de ma mamie adorée. Miracle, j’ai trouvé le remède à ma morosité !
Soudain d’humeur guillerette et transportée d’enthousiasme, je me précipite sur le téléphone et compose le numéro. Que je connais par cœur :

-"Allo mamie, c’est moi.

- Ah ! ma puce (ma grand-mère est toujours ravie de m’entendre et me fait culpabiliser d’habiter aussi loin), comment ça va ?

- Bien bien, dis (je ne suis pas du genre à tourner autour du pot, surtout quand il s’agit de me remplir la panse) je me demandais si tu pouvais me donner la recette de ton gâteau. Tu sais là TON gâteau ?

- Oui, bien sûr (elle a un don et sait immédiatement duquel je parle). Bon tu prends des pommes…

- Des pommes, mais combien ?

- Je ne sais pas, des pommes, tu vois bien. Et tu les coupes. Puis tu mélanges du sucre avec du beurre…

- Combien de grammes de chaque ? (J’oublie que ma grand-mère ne possède pas de balance et que par un prodige énervant ses gâteaux sont toujours succulents, alors que je réussis régulièrement à rater une pâte à crêpes pourtant pesée au gramme près.)

- Hein ? Comment ça ? (puis amusée par mon dilettantisme) Ben tu vois bien, hein ! Pas trop.

Adieu veaux, vaches, cochons, délice aux pommes de mon enfance : me reviennent en pagaille toutes mes tentatives culinaires transformées en aventures gastro-intestinales. Je me rappelle encore l’expérience douloureuse de mon far aux pruneaux qu’il avait fallu manger à la paille et celle de mon hachis aux remugles infâmes. Et par la même occasion de la honte occasionnée face à mes invités perplexes mais polis, qui ont attendu d’être sortis de chez moi pour se gausser. Et qui ne sont jamais revenus, au fait.

J’insiste :
-Mais euh, tu mesures peut-être avec un verre ou un truc comme ça (lueur d’espoir) ?

-Oh ben non je vois bien… Donc. Ensuite tu prends de la farine (avec un soupir nuancé d’agacement devant mon ignorance insondable, elle ajoute :) Quelques cuillères, tu vois bien.

-Argh (je m’étrangle)

-Et puis tu mélanges et tu mets sur les pommes. Après tu mets au four (elle me coupe l'herbe sous le pied, au cas où j'aurais encore l'impudence de demander température et temps de cuisson:) Tu vois bien quand c'est cuit. Alors, c’est vraiment facile, hein? Maintenant désolée mais je dois y aller. Justement on m’a demandé de faire plein de gâteaux pour l’amicale de la belote demain et je ne suis pas en avance. Bon tu embrasses tout le monde de ma part hein ? Bisous ma grande!"

Et elle raccroche…

La salive tombe à mes pieds en flots ininterrompus, j’ai déjà un pied dans la voiture et seul l’Homme qui heureusement est un poil plus terre-à-terre que moi me retient au moment où j’ouvre ma valise, prête s’il le faut à joindre les beloteurs fanatiques, amis de ma grand-mère qui s’empiffreront demain, blasés, de mon gâteau à moi. C’est trop injuste.


Je n’ai pas tenté la recette, mais ce gâteau est devenu le « Gâteau Tu vois Bien de Mamie Bunouf », recette dont par ailleurs elle reste l’unique détentrice.

Je la soupçonne de garder le secret pour que je vienne chez elle manger son gâteau.
A chaque fois qu’elle m’écrit elle me demande en effet quand je viendrai la voir.
Mais évidemment que puis-je lui répondre à part « on verra bien » ?

7.10.07

Urban Solitude


Tiens ce soir je m’ennuie comme un rat souffrant du locked-in syndrom, j’aime pas Internet j’aime pas la télé j’aime pas la musique j’aime pas jouer sur mon PC j’ai tout lu mes livres pas envie de bain.

Donc je me suis dit tiens je vais saper le moral de ceux qui vont venir me lire. Car, comme je l’ai dit plus bas, quand je souffre, tout le monde souffre.

Envie de mixer mon chat qui ce soir seulement s’appelle Chat (et non pas « ma crapouille ou mon gredin adoré à sa maman mon grand chat qu’il est magnifique ce chat-là») et mon Homme [1] qui s’en fout de tout et est toujours content (mais c’est pas sain ça!!! il me donne l’impression en comparaison d’être une gorgone psychotique!!!), et mon Mini-homme [2] qui pleure et pourquoi au fait ? pour sucrer le milk-shake.

*J’aime pas non plus la macédoine de légumes et la pluie au fait. *

Je hais le Cu-Cul-Klan© (attention, il existe un copyright de cette expression, c’est moi qui l’ai et j’en suis très fière, si vous l’utilisoyez *du verbe utilisoyer 1er groupe* sans me demander je vous pète la gueule sans autre forme de procès) et les donneurs de leçons et les petites habitudes. J’aime pas non plus quand on touche à mon mug vert, vous serez prévenus !

*J’aime pas le jaune*

*ça sent le renard ici*

*Je hais la guerre et la faim et la grippe du poulet et George Bush. Désolée, j’ai écrit ça tout fort ?
Pauvres poulets…*

Au fait, au cas où vous croireriez (du verbe croirer, toujours 1er groupe) que je suis sous acide au moment où j’écris, sachez juste qu’ être de mauvaise humeur me rend hargneuse et dyslexique. Et ce soir, dire que je suis de mauvaise humeur est un bel euphémisme.

Et pourtant...

Je suis une super woman qui n’ a rien à apprendre de la méthode Coué… Je suis forte comme un roc, je suis belle… Je suis une super woman… Je suis une super woman… Je suis une superwoman bien que le mini-short m’aille à peu près aussi bien qu’un bibi à voilette à la mère de Synoque dans les Goonies…

Je suis forte…

Je suis forte comme un roc… un roc qui a le cheveu triste… un roc absurdement myope… un mini roc à qui le bordeaux, chose étrange, donne un teint de navet rance.

*J’aime pas Tom Cruise qui a une tête à avoir des dents déchaussées*

J’aime pas la Hollande, je veux ma Bretagne !!!!
La Bretagne est belle elle est douce elle sent bon la Bretagne est mon amie.
La Bretagne a bonne haleine.

Je n’ai qu’à me mettre au lit, remarquez, et rêver du jour où je serai milliardaire et où les gens m’admireront pour mon air supraintelligent et mon charme renversant… Où d’ailleurs j’aurai l’argent pour faire opérer mes yeux, plus facile pour signer les autographes et pour avoir l’air supérieurissime. Je ne tomberai plus jamais dans aucun trou virtuel que je suis la seule à voir, à chaque fois sous les applaudissements d’une foule en délire ébahie par tant de maladresse. « Mais comment fait-elle ? C’est prodigieux !! »
Je pourrai alors m'offrir un manoir à Combourg
[3] et faire ma diva comme Châteaubriand. Bien qu'il ne soit dans sa biographie à aucun moment fait mention de talents vocaux, maintenant que j'y songe.

*J’aime pas le foie de veau et les caries dentaires et la fédération intergalactique des blaireaux de tout poil (marrant ça) qui ne sont pas d’accord par rapport à moi-même. *

D’ailleurs si j’ avais tort ça se saurait non ? Osez me contredire!! Mon mixer est encore branché… Hin hin.

Mais trèfle de plaisanteries.

Gens qui me lisez, tel un seul monstre polycéphale d’appellation “gens que j’aime vachement beaucoup assez du moins pour vous avoir communiqué mon adresse de blog supra décousu », soyez indulgents et oubliez mon humeur lunaire.

Sinon, votre PC s’autodétruira. Mettant le feu à vos rideaux, contaminant tout le voisinage, faisant croire toute la ville à une attaque terroriste, provoquant une guerre mondiale thermo-nucléaire et conduisant dans un laps de temps relativement court à la fin de toute forme de vie sur l'ensemble des galaxies.

Par Saint John ! La Peste Soit du Cancrelat ! Complètement oublié le but initial de ce poste qui était de vous demander de venir nous voir à Amsterdam : comme vous l’avez constaté, l’isolement ne me réussit pas. Allez, et je vous ferai des crêpes !!


Bon il faut que je vous laisse mes salauds de voisins ont alerté la police, je les emmerde tous…

J’aime pas le bleu, j’aime pas les sirènes, j’aime pas les menottes

J’aime pas…

J’a…

a.


[1] Sander si tu lis ça, désolée je promets de manger du gratin de chou-fleur* pour me faire pardonner.

[2] Milan je t’aime mon petit loup. Qui t'a appris à lire au fait?

[3] Pas loin de la célèbre famille des Ménard-de-Combourg.

*Ok, peut-être pas quand même du gratin de chou-fleur mais disons des épinards ?

...

Je peux échanger les épinards contre mettons 10 euros ?

3.10.07

Radiohead : how to make music labels disappear completely?



Le 1er octobre sur le site officiel http://www.radiohead.com/deadairspace/, les admirateurs enthousiastes de Radiohead ont pu lire l’annonce suivante, émanant du guitariste Jonny Greenwood :

“Hello everyone.
Well, the new album is finished, and it's coming out in 10 days;
We've called it
In Rainbows.
Love from us all.
Jonny »

En cliquant sur le lien donné (http://www.inrainbows.com), le fan curieux est magiquement propulsé sur le site dédié au nouvel album et peut s'inscrire dès le 10/10/07 pour le télécharger ou commander en avance le coffret livrable début décembre.
Le téléchargement sera peut-être un peu long, le site qui a bénéficié d’une publicité spectaculaire étant très visité.
Mais patience et longueur de temps ne font-ils pas plus que force ni que rage ?

Là où ça devient désopilant, c’est que le prix est libre (« It’s up to you. ») On permet donc à la plèbe, radins, tatillons, fauchés ou étudiants, de télécharger frénétiquement elle aussi, et à l’œil éventuellement. N’est-ce pas merveilleux ? Mesdames mesdemoiselles messieurs, à votre bon cœur !
Le but annoncé est artistique « nos chers fans adorés nous vous respectons et vous permettons de nous donner une mauvaise note pour notre travail s’il vous déplait ou au contraire de nous couvrir d’or (parce que nous le valons bien)»
C’est là qu’on pleure d’émotion : De vrais artistes, qui de plus pourraient vivre un bon siècle sur leurs royalties sans ressortir d’album, ne veulent-ils pas avant tout que leur musique soit écoutée ? C’est en tout cas ce que déclare Thom Yorke.

C’est beau et touchant, irait-on vers une vulgarisation du téléchargement « contrôlé » ?

A l’heure où les CD chez les disquaires restent trop chers pour les amateurs de musique habitués à cette nouvelle façon de consommer la musique : écouter avant de se décider ou non à acheter un album, les artistes et maisons de disques ne se remettent pas de la sauvagerie de ce pillage éhonté.
Alors que ces derniers crient au scandale, les fans eux saluent cette initiative en attendant de pouvoir acquérir le coffret collector tant convoité.
Et partout les réfractaires taxent encore une fois Radiohead de diva.
Les mêmes critiques avaient déjà été acides lors de la sortie en 2003 de l’album précédent, Hail to the Thief, arguant d’une baisse de forme d’un groupe qui n’avait jamais pu retrouver l’aura qui était la sienne lors de la sortie de Ok Computer (1997).

Quoi qu’il en soit, pour cet album, RH n’a pas besoin de label pour assurer sa promotion, l’album, qui comporte 10 chansons, n’est pas dans les bacs mais suscite déjà polémiques et passion.
Les journaux se sont emparés de l’affaire dès le 2 octobre pour relancer le sujet du téléchargement illégal et la sortie de In Rainbows se retrouve propulsée à la une des nouvelles.

Quant à ceux qui sont partis en courant en voyant le prix du coffret fabriqué à la demande qui pourra être livré dès le 3 décembre, ils pourront attendre sagement le début de l’année 2008.
On spécule en effet sur la sortie en janvier d’une version « light » du discbox, sans les extras. De toute manière, qui possède une platine pour les vinyles, de nos jours ?
Argument évidemment non recevable pour les véritables adorateurs et autres collectionneurs…

Une petite question (idiote) demeure : sans label, comment va se faire la sortie en magasins ?

Immanquable cependant pour les vrais fans de RH, lisez plutôt la description du coffret :

DISCBOX

THIS CONSISTS OF THE NEW ALBUM, IN RAINBOWS, ON CD
AND ON 2 X 12 INCH HEAVYWEIGHT VINYL RECORDS.
A SECOND, ENHANCED CD CONTAINS MORE NEW SONGS, ALONG WITH DIGITAL PHOTOGRAPHS AND ARTWORK.
THE DISCBOX ALSO INCLUDES ARTWORK AND LYRIC BOOKLETS.
ALL ARE ENCASED IN A HARDBACK BOOK AND SLIPCASE.

Plutôt alléchant, isn’t it? Tout ça pour la modique somme de 40£.
Pour tous ceux qui ne savent pas quoi demander à Noël…

Une chose est sûre, si cette formule sonne le glas du téléchargement illégal, this is definitly no hail to the thief .

2.10.07

Que de souvenirs!


Pour ceux qui se souviennent..................................

Lettre de réponse à l'éditrice qui m'a répondu que le livre de contes rare de mon enfance est définitivement épuisé.
(Pour l'anecdote, j'ai envoyé par erreur ce mail à la boîte de mon équipe au boulot... )

"Chère Madame ,
J’ai le regret d’avoir l’outrecuidance de mettre l’accent sur l’aspect capital de ma requête.
En effet, c’est avec un désespoir non feint que je reviens à vous, comme Orphée effectua sa descente aux Enfers éperdue. Je crains avoir omis de vous signaler que la survie d’un village Sud namibien était en jeu. Ai-je mentionné que le trou dans la couche d’Ozone, la paix dans le monde, L’Amour lui-même, qui fait tourner ou non ce monde de brutes selon les jours, dépendaient de votre réponse positive ? Loin de moi l’idée de vous mettre sous pression en aucune façon, mais c’est bien d’espoir déçu dont l’on parle, et l’espoir est mort dans tous les cas cités ci-dessus. Mais, trêve de digressions et revenons, si vous le voulez bien, à nos laineux.
Maintenant, vous, la spécialiste de promotion des contes pour enfants, prenez l’histoire du comte roumain qui parcourt sept mers et sept montagnes, franchit les obstacles les uns après les autres à la recherche de son cheval, un fier destrier aux pouvoirs fabuleux. Au chapitre V, dans la grotte (qui n’est pas sans rappeler à l’esprit du lecteur celle qui abrita le cyclope dans l’Odyssée), notre héros rencontre un magicien qui lui fait cadeau d’une amulette lui ouvrant enfin (car c’est la fin des tribulations de notre comte Roumain de Charybde en Scylla) le chemin vers le pré maléfique qui retenait prisonnier ledit cheval.
Bon, un petit effort d’imagination : je suis ce chevalier entraîné dans sa quête du Graal équestre. Remplacez le canasson par le livre dont je suis à la recherche et le tour est joué !
Je me vois donc dans l’obligation de rejeter votre réponse négative à ma prière. Traversant en ce moment une période difficile dans un pays adverse, ma raison de vivre, pour ainsi dire, s’est cristallisée dans la recherche absolue et sans concession de ce livre Idéal. Livre qu’enfant j’ai chéri, adoré, su par cœur, feuilleté (puis, cause de mon immense abattement, prêté…) pendant de nombreuses années. Je peux vous dire qu’aujourd’hui ma tête est rectangle, à force d’avoir dormi si souvent avec ce livre vénéré lové sous mon oreiller, à portée de rêves. Mes yeux, pardonnez-moi l’expression, y ont également laissé des plumes, à force d’avoir si souvent dû déchiffrer ces avenues de caractères après le couvre-feu parental.
Vous, Madame, dont le métier n’est pas, à mon instar, de servir d’exutoire au sadisme latent de clients vociférant dans une entreprise qui sous-paie vos 45 heures hebdomadaires, mais de faire rêver les gens, je vous supplie de faire preuve :
1/ de clémence envers ce courrier. Je ne suis pas une psychopathe lunatique mais bel et bien une nostalgique affligée (vous ai-je parlé de ma dépression saisonnière chronique ?)
2/ de sympathie à l’égard de ma demande (ou devrais-je dire supplique?). J’ai beau exagérer un tantinet, je serais malgré tout non seulement heureusement surprise mais heureuse tout court si vous pouviez m’aider à me procurer ce livre adoré de mes jeunes années.
Cordialement,
En m’excusant encore pour le désagrément occasionné,
Aurélie Bunouf
PS : Serait-ce abuser de vous demander ce recueil en version bilingue Français/ Sanscrit primitif ?"

C'était il y a un bail... je n'ai à ce jour reçu aucune réponse............

25.9.07

Plëyad


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Since 2003, Plëyad explores a musical kaleidoscope tinged with pop, rock and electro-ethnic music with lyrics in either English or French. They inventively us
e a great diversity of sound effects which reflect musical influences ranging from My Bloody Valentine and dEUS to Radiohead and Air.
For their self-produced 4-track EP, they successfully blended those influences into a unique sound, with a music (creating a music) sometimes melancholic, often dynamic and always very accessible..

On stage the band is offering a universe all their own, powerful and enriched with musical experiments. Their atmosphere exudes energy, brightness and strength. Crowds from popular concert-rooms in Paris, local bars in Brittanny, and festivals like the Vieilles Charrues (one of France’s biggest pop-rock festivals, hosting over 40,000 visitors in three days) can attest.
Currently Plëyad is booking more and more concert dates and has just released an album called Eclipse.

Carnivàle - Six Feet Under, HBO au top des séries TV

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6 Feet Under : A priori, une série qui a comme toile de fond une maison funéraire, je déteste.
Mais qu'est-ce qui fait donc de cette série un incontournable ? Et pourquoi j'adore ?
-Tout d'abord un casting impeccable: les membres de la famille Fisher sont tous justes, attachants et, chose assez rare à la télévision, ils évoluent visiblement au fil des saisons.
C'est pour moi le gros avantage des séries TV des dernières années, en comparaison avec le format film: pas de fin bâclée, de raccourcis idiots ni d'explications aussi subtiles qu'un pack de six.
Par exemple ici, pas de flashback navrant expliquant pourquoi tel personnage agit de telle façon.
Et la mise en scène très soignée sauve d'un montage agressif des scènes de la vie quotidiennes totalement gratuites, qui n'apportent rien à la compréhension de l'histoire. C'est très rare et très curieux à regarder!
- Ensuite, un pari audacieux, celui d'HBO: Faire passer un thème récurrent aussi morbide que la mort et le deuil en second plan. On n'oublie jamais où vivent les Fisher, comment perdre de vue cette immense maison, sorte de monstre macabre où comme dans les cauchemars les pires horreurs se passent au sous-sol ?
Mais on s'abandonne avec un délicieux voyeurisme à l'observation de cette famille déjantée et tellement normale: Normalement psychotique, normalement étouffante, avec des relations compliquées normales entre des gens normaux éprouvant une confusion de sentiments normale.
- La délicatesse des images, la poésie de certaines scènes.
-L'humour, noir bien sûr! Et oui, c'est parfois cynique et souvent grinçant mais 6 Feet Under est avant tout très drôle.

A voir absolument, donc.
Attention cependant: hypocondriaques et anxieux, passez votre chemin. Ok, je suis les 2, mais je me soigne...
Avec: des kleenex, un café fort, des amis.


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Carnivàle: (la Caravane de l'Etrange)

L'histoire se déroule en Oklahoma, pendant la Grande Dépression de 1934.
A la mort de sa mère, le taciturne Ben Hawkins intègre une troupe de forains mystérieuse et s'embarque ainsi dans un voyage étrange et effrayant.
Suivant l'itinéraire compliqué de la caravane, cet ancien bagnard recherché par la police tombe de Charybde en Scylla, jusqu'au coeur de la lutte ancestrale entre le Bien et le Mal.
L'univers ambigu de ce freak show, ainsi que l'atmosphère feutrée des caravanes, plante un décor parfait pour ce qui est selon moi la série la plus impressionnante des dernières décennies.
A saluer, l'excellent cast des personnages de Carnivàle, notamment l'inénarrable Brother Justin, qui rend la magie noire terriblement sexy avec sa belle voix de ténor.
(à regarder en VO sinon rien).
L'image, fabuleuse, est tellement chargée de symboles qu'on dirait une succession de scènes sur vitraux, impression appuyée par les thèmes omniprésents du profane et du sacré, de la religion et du paganisme. Malgré cette opposition, le scénario ne tombe jamais dans le manichéisme agaçant: ici encore, on observe des personnages nuancés, des situations alambiquées qui perdent volontairement le spectateur.
C'est original et glaçant, à l'image du générique d'ouverture, absolument immanquable! J'ai regardé tous les épisodes sans en passer un seul.

A regarder avec: un sens du blasphème certain, un verre d'alcool fort, très fort.

Bien sûr, ensuite, on peut avoir envie d'écouter :

If you're feeling sinister...




Lovecraft


Ahaha ! Ça c'est bien ! Pour tous les amateurs de fantastique qui ont le mauvais goût de ne pas connaître, plonger sur ces nouvelles sans hésiter !


L'édition BOUQUINS présentée sur les photos est excellente, très belle présentation. C'est un des immanquables de ma bibliothèque! (avec l'édition Deluxe reliée cuir bordeaux en anglais de The Lord of the Rings, dont je parlerai plus tard), même si je regrette de n'avoir pas eu le courage de m'attaquer au texte en VO...

C'est morbide à souhait, l'auteur a une fascination perverse pour la mort, les histoires de revenants et de cercueils, les forêts hantées.
A ne pas lire en forêt, la nuit seul, une soir de pleine lune, pour des raisons bien évidentes.

A lire avec: du sang-froid, le sommeil léger, quelqu'un qui dort à côté...
Prévoir une bonne trentaine de carambars.
Bien aussi: Fabuleuses Histoires extraordinaires !

Ok, rien à voir. Ah si! Le titre! Très bon album, mélodique, easy-listening.

En passant, écouter aussi:

A écouter avec: un jour de neige, un chocolat chaud, une envie de chanter faux "oh get me away from here I'm dying"...


Le Monde selon Garp, le Règlement de la Cidrerie où comment je suis tombée amoureuse de John (Irving)

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Le plus appécié est Le Monde selon Garp, livre de la génération des années 80. Cette épopée drolatique aborde des thèmes aussi variés que: féminisme, inspiration artistique, imaginaire, reflexion sur les moeurs sexuelles et les rôles de parents, d'époux et d'amants.
C'est le premier que j'ai lu, le style est limpide, l'inspiration envolée, les personnages attachants et drôles; bien qu'il leur arrive toujours des trucs auxquels on ne croit pas une seconde, ça m'a tout de suite plu... et donné envie de lire d'autres Irving...
Il était temps: j'étais au lycée et j'avais passé plus de 15 ans de ma vie sans lire les livres de John !
A noter: ce livre reste avec vous après que vous l'avez refermé, pendant longtemps. Très longtemps.

A lire avec: de l'idéalisme, une âme d'enfant, du bon chocolat noir, un verre de vin blanc sucré.

Je dois être une des seules à préférer L'Oeuvre de Dieu la Part du Diable ( il y a un crétin qui a été payé pour traduire The Cider House Rules et ça a donné ça !), je pense avoir lu ce bouquin une petite dizaine de fois (je suis une super re-lectrice).
D'aucuns, oh les fourbes !, pourraient objecter que les histoires d'orphelins n'intéressent que les filles (et David Copperfield?). A ceux-là, je lance mon gant et les gratifie d'un soufflet. Et puis c'est tout. Y zauront été prévenus !

A lire avec: plein de bons sentiments, une pomme, un thé à la cannelle.

Prochaine série: Twin Peaks !



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Je sais ce que vous allez me dire...
Aurélie cède encore une fois à un consumérisme effréné ALORS QU'ELE N'A PAS DE SALAIRE !!!
Oui mais enfin à vrai dire y compris au niveau duquel... c'est pas faux.
Grrr, les séries-télé c'est cher mais c'est du bonheur !
NB: penser à se faire expédier stock mensuel de carambars.

24.7.07

Coutumes locales

Notre grand jeu !!
J'invente des coutumes locales !

LA NUITEE DE LA SAINT JOEL, 13 Juillet! Région: Bretagne

Le prétendant attend la nuit noire et se rend au domicile de sa belle, muni d'une bolée, de cidre (prononcer 'cit'), d'un sabot, d'une musette dont le contenu est gardé secret et de tout l'enthousiasme désespéré dont il peut faire preuve. Il aura également pris soin de se pourvoir d'une lanterne car l'exercice suivant est périlleux, la nuit noire.
Il se place sous la fenêtre de la susdite (la belle, pour ceux qui n'auraient rien compris), met le sabot par terre en direction du tombeau de Merlin et doit en faire 365 fois le tour en pas de bourrée avec la bolée remplie de cit à la main SANS EN RENVERSER UNE GOUTTE.
S'il y parvient, la jeune fille qui a daigné ouvrir ses volets, lui jette une grande rasade de chouchen en signe d'approbation ou la bouteille entière si elle refuse ses avances.
Le prétendant agaillardi sort alors de sa musette une belette morte et se lance dans une parade nuptiale en faisant tournoyer l'animal en l'air dans le sens des aiguilles d'une montre. C'est d'ailleurs de là que vient l'expression "frayer la belette".
L'amoureux éconduit (et souvent assez grièvement blessé, si la bouteille atteint la tempe), drapé dans sa dignité, n'a plus qu'à remballer son matériel et à attendre la Saint Gudule, pour une seconde chance.

11.5.07

Petite chanson douce - sucrée: à Milan

Toi et moi on était bien

La main dans la main

Tu as regardé mes yeux,

Et tu m’as dit :

Dessine-moi un bébé

Allez un tout petit

Oh j’en ai tellement envie

Là tu vois de tout petits pieds

Une bulle d’amour à embrasser

Ici tu dessines un petit nez

Et là un visage qui va tout changer




Et je t’ai répondu :

Dessine-moi un bébé

D’accord un tout petit

Un tout petit homme

Mon ventre est un aquarium

J’en ai tellement envie

Que ce soit elle ou lui.


Et on a dit dessinons un enfant

Qui grandira évidemment

Allez notre cœur est trop grand

D’accord c’est le moment.

Toi on ne te connait pas

Mais tu nous manques déjà

Vivement que tu soies là.

12.3.07

I am Aurélie’s distorted perception of reality

Appuyée doucement sur la vitre de la voiture qui me conduisait chez moi en ronronnant, je me suis laissée aller à un songe curieux.

Il faisait nuit, j’ai cru apercevoir une forme bleutée qui me suivait.

Quand la silhouette s’est approchée, une immense curiosité m’a envahie.

C’était un de ces rêves où l’on hurle en silence.

Il fallait que je sache quelque chose. Elle me ressemblait tellement, il fallait que je lui demande.

Elle m’a regardée et m’a dit:

« Je suis le baiser passionné sur les lèvres de l’étranger, je suis le sang de tes veines ouvertes sur le carrelage blanc de ta salle de bains, je suis ton enfant abandonné, ton mari trahi, je suis la maman, je suis la putain, je suis ton aller simple pour l’Australie, je suis ton corps nu dans la rivière glacée, je suis ton cœur qui bat trop vite, le rire diabolique, la seringue dans ton bras, le rêve assassiné.

Je suis tes larmes de joie, la main qui gifle, le gant qui caresse, le murmure dans la foule. La lame dans la poche de ta veste.

Je suis l’allumette craquée, l’odeur de souffre, la bouffée d’oxygène, le cauchemar hideux, le rêve érotique, la maison calcinée, la nuit brûlante, tes mains liées.

Je suis ta peau froide de noyée, je suis la morsure de tes étreintes.

Je suis la cicatrice sur ta peau, la vie qui bat dans tes tempes, tes idéaux bafoués, tes amis oubliés, je suis l’œil qui poursuit Caïn, ton avenir impossible, ton passé improbable. Ton cœur brisé.

Tout ce que tu ne pourras jamais avouer.

J’ai 1000 ans, je suis la ride au coin de tes yeux, le hurlement intérieur, celui qui te prend aux tripes. Celui qui jamais ne te lâche.

Je vis dans un gouffre de solitude, en fait je n’ai que toi.

Tu penses ne jamais m’avoir vue et pourtant je suis étrangement familière.

C’est parce que c’est moi qui court le long de la route quand tu rêves, à bord de ta berline, avec ta famille, les yeux perdus dehors.

J’ai des poumons en acier, je suis infatigable, je pourrais courir 1 million d’années jusqu’à ce que tout soit éteint autour de moi. Et puis courir encore. Je suis ton étincelle de liberté et je suis indomptable.

Je porte en moi l’éternité, la jeunesse immuable, l’énergie absolue.

Tu m’invoques toujours sans savoir qui je suis, et tu me reconnais, à chaque fois.

Je suis celle qui a décidé de ne plus s’inquiéter. »

Les vibrations de la route me berçaient inlassablement, j’ai ouvert les yeux. Les volutes bleutées flottaient encore autour de moi.

J’ai regardé mon homme fixant les réverbères du bord de l’autoroute, et à l’arrière mon enfant endormi. La pluie tombait pour nous.

Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire tendrement.



NB: Penser à ne plus regarder Fight Club au 1er degré...

12.12.06

14.6.06

Les tribulations d’une Bretonne en Crète

Les tribulations d’une Bretonne en Crète, première partie:

NB :Nous partîmes le 24 mai à 2.
Nous revinrent le 31, toujours à 2 ( car selon le principe d’Archimède, rien ne se perd, rien ne se gagne tout se transforme.)
Forts contrits d’être désappointés d’avoir dû à une amie notre greffier laisser (petit mammifère carnivore de la famille des félidés reconnaissable parmi tant d’autres par sa nonchalance et son haleine si particulière), nous prîmes l’aérotransporteur le lundi à 17h, moi verte de peur et l’Homme d’une sérénitude énervante. (on dit pas sérénité ?, NB, penser à vérifier dans dico, ainsi qu’au passage l’orthographe de sacrebleuh et fouilouilouille pour la suite).
Arrivée à l'aéroport d’Iraklion à 22h. Visite aux toilettes qui me rappelle ce que le Lonely Planet mentionne à propos des canalisations grecques : la moindre feuille de papier fait déborder presque assurément les toilettes et donc attention à bien mettre le papier utilisé dans la poubelle à côté et non dans la cuvette. Marrant ça.
Une hôtesse maniérée et charmante nous invite à prendre place dans un bus bourré de Néerlandais enthousiastes (et non pas l’inverse, le Néerlandais de base étant en général assez sobre). Bizarre impression d’être un personnage de la BD LES BIDOCHONS EN VOYAGE ORGANISE. Fatigués.
Moi de mauvais poil, Homme ravi, s’extasiant sur le paysage à travers la vitre (il fait nuit noire). Air doux, romance dans l’air ? Non> appartement ridiculement laid avec minuscules lits jumeaux irrapprochables… Plaignage de ma part, bâillements de l’Homme.
Jour 1, mardi :
Dormage jusqu’à tard, il pleuviote. Bien ma veine d’avoir payé aussi cher alors que j’aurais pu rester une semaine de plus en Bretagne… On descend à pied la pente qui mène au village, un monument kitsch exemple flagrant de l’hyper industrialisation due au tourisme sur l’île. Boutiques neuneus, gros en shorts, mémés variqueuses qui ont laissé leur dignité au pays (jamais vu quelqu’un se rendre tout près de chez lui à moitié cul nu un gros coup de soleil sur le pif et le tout agrémenté d’une multitude de dorures à faire pisser de rire un sapin de Noël). Impression que le seul indice de réussite de leurs vacances est le bronzage qui fera ou non envie aux collègues de bureau.
Prix exorbitants au supermarché du coin, on n’en croit pas nos yeux. Remontage de la pente (de la côte, donc), tous déconfits. Mini réunion avec l’hôtesse d’hier sur les possibilités de visites de la semaine. Couple énervant d’une cinquantaine d’année qui a tout vu, tout entendu et connaît tout de la vie. Le bonhomme est un affreux bonhomme ventripotent et sa grognasse fume cigarette sur cigarette dans ma direction. Même l’hôtesse, une certaine Katja, qui est pourtant payée pour être jolie et gentille est sur le point de s’énerver. L’Homme et moi nous mettons d’accord (car une fois n’est-elle pas coutume et une hirondelle ne fait-elle pas le printemps ?) pour nous écarter autant que possible des sentiers touristiques.
Visite à Héraklion en bus, vraiment rien de spécial cette ville-capitale. Retour à l’appartement avec coup d’œil triste sur la piscine qui avec ce temps parait aussi attrayante qu’une soirée romantique dans un goulag. Soirée pâtes sous l'abat-jour kitsch de la salle à manger démodée. Conscience tendre du ridicule de la situation des gens qui mettent de l’argent dans les vacances et n’ont plus de sous pour faire ce qu’ils veulent une fois sur place. Mais bon putain quand même c’est bien d’être là. On va pas se plaindre en plus non !

Jour 2, mercredi :
Hourra il fait beau ! Nous sympathisons avec la gérante du groupe d’appartements qui nous conseille de louer une voiture si nous voulons fuir l’agitation touristique du Nord-Est de l’île. Elle appelle de notre part une agence de location qui nous délivre la susdite voiture en dix minutes chrono ! Nous ne sommes pas dupes, la sympathique gérante (parfaitement bilingue en Français) va toucher une commission mano a mano de l’agence de location qu’elle nous a conseillée. Pour la première fois, mine contrariée de l’Homme devant la petite Fiat 600 couleur pot de moutarde. On le comprendra : une fois installé derrière le volant il a la tête à trente centimètres des genoux, rentrée dans les épaules. En douce, je ne peux pas m’empêcher de me marrer.
Sur les conseils avisés de notre gérante mafieuse, la rousse à la voix grave et aux lèvres peintes en orange vif, nous nous dirigeons ventre à terre vers Zaros. Je fais remarquer à l’Homme plié en 10 que Zaros, c’est aussi la marque inscrite sur la plupart des bouteilles d’eau minérale d’ici. Normal, rétorque-t-il l’eau vient de là-bas, banane. Mortifiée par ma stupidité sous-jacente, je m’enfonce dans mon siège et profite du paysage les lèves serrées : tiens la mer, tiens une montagne vertigineuse, tiens un énième virage (tiens, mon estomac au bord des lèvres…), tiens un fou du volant qui nous double par la droite avant de piler devant nous, tiens un petit village adorable paumé au flanc d’une colline, tiens un vieux monsieur sur un âne qui conduit un troupeau de chèvres au milieu de la route, tiens une vieille dame en noir de la tête au pied qui balaie devant sa maison. Et toujours ces petites maisons carrées aux murs blanchis à la chaux. Volets peints en bleu, généralement clos presque toute la journée d’avril à septembre. Verdure, fleurs multicolores et odoriférantes, végétation luxuriante à perte de vue. Oliviers par milliers. Mer et montagne presque toujours visibles en même temps. D’excellente humeur, Sander et moi nous moquons gentiment de ce qui passe à la radio : invariablement de la musique folklorique grecque aux accords immuables.
Quand même, il nous faut quelques heures pour faire quelques dizaines de kilomètres. Arrivée à Zaros. Faim. Précipitation vers la première taverne du coin, avalage en quelques minutes d’une salade à l’aspect innommable (l’Homme a toujours le chic pour trouver ce qu’il y a de pire sur la carte) et d’un souvlaki pour moi. ‘Souvlaki’ en fait veut dire ‘brochette de porc’ en Grec, donc si je dis ça c’est uniquement pour faire la maligne. Assez bon. Mine envieuse de l’Homme que j’entreprends de nourrir à la fourchette de petits morceaux de porc. Car il faut dire qu’avoir quelqu’un en face de soi au restaurant qui bave d’envie devant votre assiette gâche une grande partie du plaisir. Il faut dire aussi que quand on aime on partage et puis c’est tout.
Direction les gorges de Zaros pour une ballade de 8 km. Très agréable même si le soleil qui tape cruellement (bordel ! Mais on n’est qu’en mai, c’est quoi ce pays ?) me donne un début de migraine, que l’Homme a le bon goût de partager par solidarité. Entraînement pour la randonnée prévue vendredi aux gorges de Samaria, une excursion que nous avons réservée ce matin auprès de Katja. Randonnée de 18 km en terrain accidenté, pente abrupte. Compter minimum 6 heures. Prévoir chaussures de rando. 8 heures de bus en total dans la journée, lever 4h30, retour tard le soir, ballade d’une heure en bateau. Tout cela est un peu confus, on verra bien. Penser à se coucher tôt la veille pour compenser manque de condition physique, apparemment indispensable.
Retour vers Chresonissos, notre ville de départ. Estomac à l’envers (virages + migraine bien installée)> couchage tôt.

Jour 3, jeudi.
Lever, petit déjeuner. Direction la plage. Surprise, difficile de trouver un coin pour poser ses fesses car les 9/10 du sable sont occupés par les parasols flashy des plages privées. Finissons par trouver un petit coin. Badigeonnage de crème, sable qui colle, c’est le bonheur. Les vagues sont gigantesques, l’eau tiède et transparente, l’Homme et moi nous amusons comme des petits fous. La houle est tellement forte que je dois supporter la honte cuisante causée par une perte de slip de bain intempestive. Quand même, qu’est-ce qu’on rigole ! (ndr : rien que je n’aime plus que me trouver dans l’eau). Retour dare-dare à l’appartement car le soleil tape trop fort, quelques brasses dans la piscine. Constat navrant : plusieurs couples n’ont pas bougé du bord de la piscine depuis le début de la semaine. Ricanements mesquins.
Conscience qu’il convient de rentabiliser le deuxième et dernier jour de location de la voiture. Allez, en route !
Fiat> Agios Nikolaios, resto conseillé par le Lonely Planet, vent, port, lac.
Plateau de Lassithi.
Retour dans la petite Fiat, arrêt toutes les 10 minutes pour prendre une photo (au bord du ravin ou non…) Dernier verre dans un village, entourés de locaux. Manquons de nous étrangler au moment de payer nos 2 faillis jus d’orange frais (j’ai déjà parlé des champs d’orangers ?), prix de toute évidence réservé aux touristes.
Soirée ? Ben honteusement je l'ai pas noté donc me rappelle plus. Dégoûtée, je n'ai plus qu'à m'empiffrer de chocolat?

Jour 4, vendredi.
Samaria. Aha, trekking de 16 km en pente raide. Lever trèeeeeeeeees tôt car c'est trèeeeeeeees loin et les routes sont trèeeeees mauvaises. San et moi faisons les malins dans le bus bondé qui nous y amène, malgré tout j'ai une boule à l'estomac, patraque... Il fait chaud mais nous marchons vaille que vaille sans trop nous arrêter pendant des heures. On est presque les premiers à arriver au point de ralliement!!
Super cette idée que j'ai eue de m'épiler le matin même pour exhiber mes cuissots musclés: soleil + poussière = grosse grosse irritation.
Arrivée au port exténués, on plonge dans la mer malgré l'image pas très glamour offerte par le mazout sur le sable... Puis direction un petit restaurant pour se remettre de ces émotions.
Je commande un poulet...

Les tribulations d’une Bretonne en Crète, deuxième partie :

Jour 4, vendredi
Ahahahahhahaha, cést qui tous ces gens? Je me réveille dans mon poulet!! San l'air effaré d'un lémurien pris dans les phares m'explique que je me suis évanouie.
Un peu honteuse devant tous les autres gens qui faisaient partie de l'excursion et qui m'ont vue faire l'andouille le matin même avec mes chaussures de rando (genre 1-2-3 pompes sur 1-2 mains, allez!!), je me fais toute petite. On rejoint le bateau, mal au coeur comme jamais. Le bus, pire, je passe des heures à vomir, le pied. L'hôtesse nous recommande vivement de voir un médecin le lendemain, ahahahha qu'est-ce qu'on s'amuse!
On rentre à l'hotel. Douche et couchage.

Jour 5, samedi,
Je vais bien!!! Mais, temps pourri. On peut pas tout avoir non plus!
Resto le soir, lecture, repos, fouilouilouille courbatures. Coups de soleil.

Jour 6
Plage.
Chersonissos> achats de cartes postales.
Ballade à Koutouloufari, en haut de la côte.
Ahahaha, poilant ça « Kou-tou-lou-fa-ri ». Village certes touristique mais moins que Chersonissos et plus mignon. Il fait chaud. Agréable.
Rien de spécial le soir.

Jour 7
Retour des clés de l’appart à 12h comme convenu avec notre amie Barbie-hôtesse. Une heure pour boucler une seule valise avec 7 slips, une robe, un short, 12 tubes de crème et le même fatras pour l’Homme…
Dernière descente vers la ville pour se nourrir, arrivée dans un resto snack bien mais pas top. Au moins on est à l’ombre, car il fait une chaleur à crever. Trop chaud mais vent froid cependant. Acquisition à un prix ridicule d’huile d’olive parfumée aux herbes dont l’Homme et moi sommes de gros consommateurs. Cela nous permet en même temps de profiter de la fraîcheur du supermarché. Mais où est cette satanée Poste ?
Retour au bord de la piscine que dans son infinie diligence (putain vu le prix qu’on paie… Qu’elle aille se ramasser la gueule ouverte sur un porc-épic tétanique !) la gérante accepte de nous voir squatter jusqu’à notre départ, à 19h15.
Lecture à l’ombre en frissonnant car il fait beaucoup trop chaud, même en fin d’après-midi pour tremper ne serait-ce qu’un orteil dans l’eau. J’achève Une saison blanche et sèche d’André Brink, pour la énième fois. J’adore ce bouquin, qui m’indigne à chaque fois, notamment quand je pense que tout cela se passait il y a 30 ans seulement (et moins)en Afrique du Sud, et se passe peut-être encore dans certaines parties du Monde. Bizarrement, André Brink, auteur Afrikaans n’est pas connu en Hollande. Honte ?
Je sens un climat de conspiration autour de moi, je deviens parano comme le gars du livre. La gérante a une perruque et va ouvrir mon courrier dès que j’aurais le dos tourné (super intéressant les 2 cartes postales envoyées à mes petites mamies…), le barman me surveille mine de rien…

Koutouloufari, resto top, raki. Fin de vacances.
Bus, aéroport bondé.
Avion en retard, Stress et énervage.
2 atterrissages au lieu d'un (pour le fun de m'entendre crier comme dans les manèges et épouvanter tous les autres passagers?)
Bus de nuit arrivée à 4h40 home. Taaaaaaard.
Dodo bien mérité.

Fin des trépidantes tribulations.

The End.

PS : finalement ne me suis pas servie de « sacrebleu ».

Dans notre prochaine édition : les tribulations d’une Bretonne à St-Petersbourg ou Prague ou Rome ou Thorigné-Fouillard...

Je hais le printemps!

Je hais le printemps!
Figurez-vous que depuis peu, tous les matins vers 5h45, une horde de piaillards ultra enthousiaste vient siffler sous mes fenêtres, sonate qui graduellement m’a enchantée (jour 1), agacée (jour 1 +15 minutes), avant de finir, au jour 3, par déclencher chez moi des idées de génocide de tout ce qui a des ailes.
D’aucuns objecteront que mon seuil de patience et de tolérance est assez réduit, j’en conviens aisément. J’espère par ailleurs que ceux-là se souviendront que j’ai quelque peu arrondi les angles au sujet des écureuils (après une thérapie de 8 ans qui m’a coûté 10000 balles pour en arriver à la conclusion renversante qu’en fait les écureuils me rappelaient un épisode douloureux de mon enfance, un jour où l’un de mes oncles, croyant me faire rire, s’était déguisé avec un masque de Tic -ou de Tac- et m’avait foutu une trouille bleue.) Maintenant que je peux traverser le Vondel Park sans avoir de pulsions mutilatrices d’ écureuils, n’ai-je pas, en quelque sorte, gagné le droit de fustiger le règne volatile ? Certes, Brigitte Bardot désapprouvera, je m’en fous, je peux pas la saquer de toutes façons, cette conne.
Bref, où en étais-je ?
Le premier à entamer l’hymne des casse-couilles en 152 couplets (et par la même occasion, mon humeur) est un joyeux larron à l’ego surdimensionné que pour plus de facilité, j’ai prénommé Swiff, et dont l’impressionnant charisme le fait aussitôt imiter de sa bande de congénères. Si si, j’en suis sure, c’est toujours le même.
Chose inouïe, l’Homme, endormi à coté de moi, ne sourcille pas tandis que la joyeuse horde s’acharne à me faire tourner le sang en eau de Javel. Pire, quand à grand force de soupirs, de trépignements et de retournements divers, puis quand un coup de coude parfaitement innocent dans les cotes le réveillent enfin (quand je souffre, tout le monde souffre) , il émerge avec un sourire « c’est mignon ce petit bruit, hein ? » et se rendort aussitôt. Me laissant avec mes fantasmes de volaille à la broche, d’oiseaux mazoutés, de rites vaudous et autres joyeusetés du même acabit, le plus souvent accompagnées de petits pois.
Or, ce crétin d’abruti de Swiff, sournois et parfaitement conscient de l’état dans lequel il plonge le voisinage (j’aime penser que je ne suis pas entourée que de neuneus défenseurs inconditionnels des droits des animaux quel que soit leur degré d’emmerdement) y va de plus belle, encouragé de ses acolytes jusqu’à ce que l’heure soit décente (9h) et donc que globalement il n’ait plus personne à sortir du lit. Ce petit rigolo et sa tribu s’envolent alors gracieusement, non sans un clin d’œil qui signifie (j’ai une vue excellente pour les trucs idiots) :
« à demain les gars ! »


Alors, je sais que dans le passé j’ai eu tendance à beaucoup exagérer mais il faut bien le dire : non, vraiment, les oiseaux, c'est comme les écureuils, c'est pas des mecs bien.

2.6.06

Les Gants

Les Gants


Certains épisodes nous marquent parce qu’ils ont dans notre vie une incidence directe, violente, inattendue ou heureuse, ou bien parce qu’ils s’inscrivent en nous de manière tellement brutale qu’ils laissent dans notre esprit une empreinte indélébile de chagrin ou une impression éternelle d’abattement.
D’autres moments, joyeux ou sombres restent gravés dans notre mémoire et ressurgissent, parfaitement identifiables, presque étiquetés, de temps à autre et nous sommes tout à fait capables d’associer ces évènement avec les émotions que ils ont suscitées : le décès d’un proche engendre accablement et larmes, une naissance ou une journée passée entre amis ont été propices à des démonstrations de joie et à de rires.
Mais que peut-on dire d’un état d’esprit, d’une émotion sincère naissant d’une simple anecdote qui aurait dû être insignifiante mais qui revêt brusquement une importance mystérieuse à nos yeux?
Nous avons tous, au cours d’une conversation, essayé de partager un de ces instants fragiles, tout en sachant que ce qui a pu les rendre précieux ne peux être dit, tout simplement parce que l’on ne peut pas mettre de mots suffisamment précis, suffisamment forts sur une impression diffuse qui ne s’est pas tout à fait dévoilée à nous. Parce que les mots manquent, parce que les mots rendent dérisoires et ridicules les impressions.
Si l’on nous demande de l‘expliquer, nous répondons que c’était juste un instant fugitif et qu’il aurait fallu être présent pour comprendre. Le vocabulaire est trop pauvre et l’imagination trop subtile à décrire des courbes alambiquées de pensées fugaces, qui tristement, ne pourront jamais être partagées.
C’est ainsi que certaines choses nous marquent sans que l’on puisse jamais définir pourquoi. Quand je pense à la scène que je vais raconter, je me réfère ainsi à « l’épisode du métro », alors que je suis consciente que pour la plupart des gens assis dans ce métro, il n’y a rien eu à raconter. Pas d’histoire. Alors également que j’aurais pu me souvenir de ce jour comme, par exemple, d’un jour où il faisait très froid, ou plus probablement, ne pas me le rappeler du tout.

L’hiver tombait en gros flocons paresseux sur Amsterdam qui semblait avoir revêtu son vêtement de deuil. La neige craquait sous les pas et l’air semblait solide, pénible à respirer.
Le monde en hibernation enjoignait au calme qui sied au tempérament des populations nordiques. C’était ma saison préférée sous ces latitudes, la raison pour laquelle j’aimais vivre dans cette ville. Un froid sec et pénétrant engourdissait les membres et ralentissaient gestes et esprits. L’atmosphère en devenait nostalgique et une impression d’éternité flottait dans l’air, presque tangible.
J’entrai dans le métro en fin d’après-midi en même temps qu’une vieille dame et qu’un monsieur d’une cinquantaine d’années au visage buriné, marqué par de très belles rides, profondes. Un homme qui a beaucoup ri et beaucoup pleuré. Qui a beaucoup aimé. Un homme séduisant qui avait forcément suscité l’amour.
Il se trouve que j’ai la mémoire et la passion des visages. J’aime plus que tout me fondre dans l’anonymat d’un wagon bondé et observer les gens qui s’y entassent. J’aime imaginer les destins, traquer et inventer les blessures passées et à venir. J’aime deviner dans un groupe la victime et le bourreau, les biens subtils de domination, de manipulation et les liens affectifs qui se tissent. Quelle est la personne effacée, qui a l’ego le plus développé?
J’aurais dû être sociologue car les gens me passionnent. Quand je dis cela, mes amis me rétorquent que j’aurais dû étudier les insectes car c’est de cette façon que j’étudie, j’inspecte, j’étiquette et j’épingle les gens. Je dois par ailleurs avouer que c’est avec un certain voyeurisme que j’aime regarder les couples se sourire tendrement et entrevoir derrière ce sourire un(e) supplique, une promesse, une prière, une excuse. J’aime les voir lutter et deviner quelle histoire sordide se cache derrière les yeux rouges et quel est le degré de futilité (ou de gravité) de leur dispute. Tout cela me renvoie à mes propres fantasmes morbides de bonheur impossible, à mes aspirations, à mes espoirs : je ressens pour les gens qui parviennent à me toucher plus que de la sympathie, de l’empathie. J’aime aussi regarder les enfants et regarder la petite fille que j’étais sourire à travers eux. Je sais lire leur peine, tout petits chagrins et véritables drames et je souffre, aussi, parfois avec eux.
Je suis à proprement parler une observatrice fanatiquement enthousiaste et je pourrais écrire une histoire sur tous ces gens, ou presque.
Or, de tous mes sujets d’étude empiriques, je n’ai jamais écrit que sur cet homme.
J’ai choisi de m’attarder sur lui parce que, malgré cette manie somme toute enfantine de projeter mes émotions sur des inconnus, il fait partie du tout petit nombre d’individus rencontrés au hasard que cette cristallisation affective a rendu inoubliables.
Pourtant, je ne l’ai connu, regardé, adoré, que quelques minutes.
Il s’est assis près de la fenêtre juste en face de moi avec la prestance que lui imposaient son allure élégante et la beauté de ses traits. Il a capté mon regard presque immédiatement. Cheveux gris sur cheveux blonds, mâchoires carrées, les yeux perdus dans un autre monde, dans lequel je m’étais sans doute déjà attardé. La tristesse qui émanait de cet homme était indéfinissable.
Quand le métro a fait surface, offrant à nos regards les immeubles et les zones industrielles typiques de n’importe quelle capitale, mais rendus majestueux par la mince pellicule de neige et les ombres magiques qui dansaient autour des néons, je me suis attardée sur les gants en cuir usés que cet homme tenait sur ses genoux comme on tiendrait un chat, presque avec tendresse. Mon esprit s’est envolé vers touts les histoires qu’avaient vécues ces gant blottis.
Les mains sont toujours ce que les femmes regardent en premier chez un homme, après le visage. Ces gants qui reproduisaient sur le relief du cuir à l’agonie les rides de ce merveilleux personnage me semblaient en effet enveloppés d’une incroyable sensualité.
En me concentrant, je pouvais en sentir l’odeur, mêlée à celle du parfum de l’homme.
J’imaginai soudain, il y a plusieurs décennies, cet homme prenant la main de la première femme de sa vie avec ces gants.
J’imaginai cette dernière, nuque ployée, troublée et amoureuse, l’embrassant sur le poignet, à l’endroit où finit le cuir et où la veste découvre une magnifique parcelle de peau douce et chaude. J’imaginai l’homme tenir ses enfants par la main et ajuster sur leurs doigts bleuis par le givre leurs petits gants au moyen des siens.
En automne, dès les premiers jours de froid, qui peuvent venir très tôt sous le climat néerlandais, je me représentai cet homme retirant ses vieux gants d’une boîte en carton aux motifs démodés, comme d’une boîte à trésors, avec une satisfaction et un plaisir inexplicables. De vieux amis à qui il rend à nouveau enfin visite après la saison chaude.
J’imaginai les larmes, les siennes et les autres, essuyées du revers de ces gants.
Ces larmes avaient-elles pu marquer leur cuir autant que le temps? Est-ce qu’au fil des saisons, les gants n’étaient-ils pas devenus le talisman de cet homme que les objets du passé rassuraient? Cet homme avait-il souffert, avait-il été déçu, avait-il tout perdu, pourquoi tant de nostalgie se dégageait-elle de lui?
Plusieurs fois, pensif, il passa les mains sur les gants, en une caresse voluptueuse.
Je me demandai s’il vivait seul ou avec une femme, si cette femme lui reprochait de conserver les gants, ces vieilleries auxquelles il attacherait selon elle une valeur sentimentale démesurée. Mon imagination galopante me la présentait sous les traits d’une femme belle mais amère et peu compréhensive qui ne peut réprimer une grimace de dégoût parce que les gants lui font honte, parce qu’ils représentent tout ce qui est immuable en lui, tout ce qu’elle ne pourra jamais changer.
J’en étais à ces considérations quand un groupe d’enfants se déplaça bruyamment vers la sortie de la voiture de métro que nous occupions. A mon grand regret, l’homme se leva également et je restai un instant les yeux et le souffle suspendus à ses belles épaules larges d’homme très grand du Nord. Il sortit au milieu des enfants, sans un regard ni pour eux ni pour moi.
Je n’oublierai jamais l’émotion que j’éprouvai quand mes yeux tombèrent sur les gants en cuir non pas oubliés mais véritablement abandonnés, sur le sol.
Je me demandai ce que cet homme éprouverait tout à l’heure quand, pour réchauffer ses mains et son âme, il chercherait dans ses poches ses gants en vain et qu’il se dirait que tout passe, même ce que l’on croit éternel.
Cet homme ne saura jamais que j’ai écrit quelque chose à son sujet. Pourtant, il aura apporté dans ma vie plus de mélancolie que bien des instants émouvants, plus de mélancolie même qu’une fin de journée d’hiver, sur les ponts couverts de neige d’Amsterdam.

11.1.06

La Tour de Pise, revisitée (pour Sander)

On fera des voyages, mon Amour si t’es sage

Nous redécouvrirons les voûtes et les chemins et les plages

Que seule j’avais piétinés

Sur ces pentes j’ai traîné mon cafard,

Sous ces toits j’ai eu bien des amants,

Mes pieds blessés m’ont portée au hasard

Le cœur lourd, l’esprit libre, indéfiniment.


Rien ne sera pareil ma main dans la tienne

Tout aura changé, je sais

Toutes les villes sont belles au soleil

Mais quand on aime on y oublie la pluie

Tes gants trop grands ont le parfum de l’enfance

Du temps où je ne te connaissais pas

Mais ton regard me couvre davantage.


Et quand nous serons fatigués

Quand les trains nous auront emportés jusqu’au bout de la Terre

Et plus loin encore

Les aéroports nostalgiques, les cafés minables, les foules solitaires

Nous ramèneront ici, ou ailleurs que m’importe ?

Je marcherai dans tes empreintes

Solidaire du moindre de tes souffles

L’ombre des mes cils sur ta joue dessinera

Les constellations les plus attendrissantes

Que je couvrirai de baisers

Et les capitales sous la pluie resplendiront

De toute la tendresse humaine.

17.9.05

Un jour... nous retournerons en Australie...



.......


Moulin Rouge, critique qui date de Mathusalem



Ceux qui avaient pu récuser le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain pour son côté exagérément primesautier et son optimisme ravageur ont pu en prendre plein les yeux avec Moulin Rouge, l’autre film de ce début des années zéro qui exhibe un Paris de carte postale.
Mais, là où Jeunet montre un Montmartre poli, sans aspérité, havre utopique de romantisme relativement intemporel, Baz Luhrmann nous offre un Paname pareillement surréaliste et poétique mais où la décadence de la Belle Epoque est mise au premier plan.
Ici, les couleurs vives explosent dans un univers baroque et flamboyant, dans une orgie de dessous chics où l’on peut entendre le froufrou canaille des jupons des courtisanes et des danseuses de French cancan.
D’ailleurs, ce Paris-là n’a à aucun moment la prétention d’être vrai, c’est un décor de spectacle romantique idéal dans lequel peuvent se retrouver toutes les représentations fantasmatiques (américaines notamment) d’une époque post-rimbaldienne, d’une mouvance poétique qui mêle Spleen, Bohème, amusements populaires, mélange des genres et des aspirations. On y trouve encore le parfum des égouts de Victor Hugo, les intrigues sordides des Mystères de Paris d’Eugène Sue et le sulfureux parfum de scandale des danseuses de cabaret de Toulouse-Lautrec. C’est un Paris qui respire la misère des bas-fonds, déguisée sous un maquillage outrageux, c’est un Paris où l’on meurt de syphilis, de phtisie, de pneumonie et de faim, mais où tout cela s’évanouit à chaque lever de rideau, chaque soir dans le célébrissime cabaret du Moulin Rouge. Les filles y ont une valeur marchande et une cote d’amour variable mais le temps du spectacle, elles oublient que le seul échappatoire possible est un autre univers sordide, celui de la rue.
Dans un tel contexte, le fait que cette histoire nous soit racontée comme dans un conte pourrait paraître déroutant de candeur (la rencontre, le rival jaloux, la princesse et le prince qui se retrouvent unis à la fin, tout ceci semble concorder avec le schéma traditionnel du conte) mais, tout ceci est faussé par la voix du narrateur, dès la première minute. La belle héroïne va mourir et il s’agit d’une tragédie, comme dans Roméo et Juliette. Est-ce d’ailleurs un hasard si Baz Luhrmann a réalisé ce film après son adaptation de la pièce de Shakespeare ? ( Roméo + Juliette, 1996.)
La mise en scène, dont le parti pris est d’éviter à tout prix l’immobilité, lasse et malmène l’œil qui se perd constamment dans cette débauche d’effets visuels et de plans ultra courts. Le résultat est fouillis et fatiguant.
Venons-en à l’histoire qui sert de toile de fond de cette mise en scène déjantée : Christian, poète idéaliste et qui mène une vie d’artiste par choix aime Satine, courtisane et danseuse fétiche du Moulin rouge, après qu’elle l’a pris pour un gros investisseur prêt à faire d’elle ce qu’elle rêve d’être : une actrice de premier ordre.
Le malentendu dissipé, la force de persuasion de Christian la fait l’aimer en retour, sur fond musical de tubes pop des 80’s revisités. Mais le véritable investisseur, jaloux, réclame l’exclusivité des faveurs de la belle contre son argent et la candide histoire d’amour devient tragédie, au moment même où le spectateur s’aperçoit que Satine est condamnée par la phtisie. Vous l’aurez compris, ce n’est pas tant le scénario que la mise en scène originale et l’image qui a fait de Moulin Rouge un succès de l’année 2001.
On regrette entre autres le manque d’alchimie total entre Nicole Kidman (Satine) et Ewan Mc Gregor (Christian) : la véritable faille de cette fable tragique, c’est cette erreur de casting. Il semble en effet qu’il ne suffise pas de mettre ensemble un homme et une femme télégéniques pour que leur couple fonctionne à l’écran.
D’autre part le jeu de Nicole Kidman, qui se livre à un cabotinage éhonté et de Ewan Mc Gregor, transparent benêt aux yeux de crapaud mort d’amour est pour beaucoup dans ce fait prodigieux : on se rue pour voir le film mais la salle se vide après un quart d’heure…
Mais si vous aimez la musique pop (notons entre autres l’hilarante reprise de Roxanne de The Police), ici judicieusement anachronique, les belles histoires tristes d’amour sans concession, les comédies musicales et si vous regrettez de ne pas être né dans ce Paris de bohème, où il faisait si bon discuter dans un café, place Saint-germain, de poésie et d’utopie, un verre d’absinthe à la main, filez tête baissée voir Moulin Rouge. Après tout, cette interprétation très américaine de la ville du romantisme par excellence d’un Baz Luhrmann clairement sous hallucinogènes a tout au moins le mérite de nous emmener à moindre coût dans les coulisses du plus célèbre cabaret du monde.

8.6.05

Le rêve de la noyée

Il a paru chercher un instant puis il s’est penché:

« Tu as la chevelure d’une noyée,

dans tes yeux je ne vois rien,

Rien que l’eau noire d’un lac un soir d’été. »

C’est tout ce qu’il a trouvé à répondre,

C’est dire si c’était bien foutu.

Entre eux un océan, une falaise, un précipice.

Elle est sortie, avec les reflets verts dans ses cheveux blonds,

Ses bracelets qui tintinnabulaient,

Le parfum de bonbecs de ses lèvres.

Elle portait ses yeux noirs de deuil.

De ses yeux, je me souviens très bien.

La porte s’est courbée pour tenter de la retenir,

De mémoire de bistrot on n’avait jamais vu ça.

Le soleil a pâli en la voyant passer,

Et c’est la nuit qui s’en est chargée.

Qui sait après quel fantôme elle voulait courir,

Quelles ombres elle voulait pouvoir frôler ?

Quand on l’a repêchée le sourire d’Ophélie

parcourait ses lèvres au parfum de bonbecs.

Elle avait toujours la beauté du diable,

Ses seins blancs déployés, ses bracelets bâillonnés,

Son visage de madone, ses rêves sacrifiés.

Et moi qui l’ai toujours aimée,

Bien avant de la rencontrer,

Je reste là et j’essaie de me rappeler

la dernière fois où j’ai posé les yeux

sur les reflets verts de ses cheveux.

17.11.04

Hormonula© (pour Charlotte)


HORMONULA© Mise en garde:

Dès le début de la prise, apparition possible des symptômes suivants :
- Pilosité étonnante, notamment au niveau du torse.
- Baisse catastrophique de la libido.
- Perte des dents (rare).
- Varices épouvantables.
- Boyite (infection fréquente du côlon ayant pour effet un gonflement subit et prodigieux de l’abdomen, communément nommé « syndrome du crapaud sur le point d’éclater »).
- Apparition de pustules buboniques, voire de bubons pustuleux.
- Vulvite (qui, dans les cas les plus sérieux, ont conduit à l’amputation).
- Haleine fétide.
- Langue gonflée.
- Hallucinations (le sujet voit des poulets).
- Vomissements répugnants.
- Diminution du volume mammaire.
- Syndrome de Lucy (grossissement du postérieur et affaissement de l’allure générale vers une silhouette préhistorique).

Posologie:
1 comprimé méga-dosé à heure fixe et jusqu’à écoeurement total pendant 21 jours, puis arrêt de 7 jours jusqu’à la plaquette suivante.